Le passage du cyclone Fytia a, une fois de plus, rappelé la vulnérabilité de nombreuses régions du pays face aux aléas climatiques. Vatomandry, Mahanoro, Mahajanga Marovoay et plusieurs autres localités ont payé un lourd tribut, plongeant des milliers de familles dans l’urgence et l’incertitude. Dans ces moments de crise, au-delà des dégâts matériels, c’est la capacité de l’Etat à répondre rapidement et à rassurer qui est mise à l’épreuve.
La descente sur le terrain du Premier ministre, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que les visites du président de la Refondation de la République, traduisent une volonté claire : rendre l’Etat visible, présent et à l’écoute. Riz, huile, produits de première nécessité, aides financières… Les chiffres et les dons témoignent d’une mobilisation institutionnelle destinée à répondre aux besoins immédiats des sinistrés.
Cette présence physique des autorités, souvent qualifiée de « fidinana ifotony », revêt une forte portée symbolique. Elle envoie un message aux populations affectées, notamment celles des régions les plus enclavées : l’Etat ne les abandonne pas. L’écoute directe des doléances, les paroles de réconfort et les engagements affichés participent à restaurer, au moins temporairement, la confiance entre gouvernants et gouvernés.
Cependant, si la visibilité de l’Etat en période de catastrophe est essentielle, elle ne saurait constituer une fin en soi. Les populations attendent davantage qu’un soutien d’urgence, aussi nécessaire soit-il. Elles espèrent surtout des actions durables, capables de reconstruire des vies, de renforcer les infrastructures et de prévenir les effets des prochaines catastrophes climatiques, devenues de plus en plus fréquentes.
A l’épreuve du cyclone Fytia, l’Etat a montré son visage solidaire. Le défi est désormais de transformer cette présence conjoncturelle en un engagement continu, afin que la visibilité de l’action publique ne se limite pas aux heures sombres, mais s’inscrive dans un accompagnement durable des zones les plus fragiles du pays.
Tivo Rasam




