Russie – Madagascar: le PRRM détaille sa feuille de route et ses priorités

En visite officielle en Russie, le président malgache Michael Randrianirina a accordé une interview à Russia Today (RT). Le chef de l’Etat a abordé les enjeux de politique intérieure, le calendrier électoral, les réformes institutionnelles ainsi que les perspectives de coopération avec Moscou.

Interrogé sur la situation politique à Madagascar, le président a indiqué que la priorité était de répondre aux revendications exprimées lors des manifestations de septembre et octobre dans la capitale. Selon lui, un processus de con­certation nationale est nécessaire afin de préparer les prochaines élections, notamment à travers une révision du code et des listes électoraux.
Il a toutefois reconnu que la feuille de route prévue à cet effet n’a pas encore été finalisée. A son retour au pays, il prévoit de convoquer le comité de pilotage chargé de la con­certation nationale. Le gouvernement malgache s’est engagé à transmettre cette feuille de route à la Commu­nauté pour le développement de l’Afrique australe (Sadc) et à l’Union africaine d’ici le 28 février, afin de dissiper toute inquiétude concernant son absence.

Lutte contre la pauvreté et développement des infrastructures
Le colonel Randrianirina a souligné que l’un des principaux défis de son administration demeure le manque de financement. Il a évoqué des priorités urgentes dans les secteurs sociaux, les infrastructures, ainsi que l’accès à l’eau et à l’électricité.
Le gouvernement prévoit de déployer la Politique générale de l’État (PGE) pour la re­fondation sur une période de 24 mois. Toutefois, le PRRM a insisté sur la nécessité de trouver des partenaires internationaux pour accompagner ces réformes. Il estime que des aides financières et des investissements étrangers sont indispensables pour lutter contre la pauvreté et relancer l’économie, justifiant ainsi sa visite en Russie.

Energie, mines et investissements russes
Madagascar dispose, selon Michaël Randrianirina, d’un important potentiel en énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique et maritime). Il a affirmé que l’expertise russe dans le secteur énergétique pourrait contribuer à valoriser ces ressources et à ré­soudre les difficultés structurelles du pays dans ce domaine.
Accompagné du ministre de l’Énergie et des Hydrocar­bures, il a indiqué vouloir renforcer la coopération avec des entreprises russes, notamment dans les infrastructures et l’énergie. Des groupes tels que Gazprom et Rosatom ont été évoqués, ainsi que d’autres sociétés intéressées par des in­vestissements à Madagascar.

Modernisation agricole et sécurité alimentaire
Le président de la Refon­dation a également mis en avant la modernisation du secteur agricole comme axe stratégique de coopération. Il a rappelé que 75 à 80 % de la population vit en milieu rural et dépend de l’agriculture. La lutte contre la sous-alimentation constitue, selon lui, un objectif central de son mandat. Il estime qu’un partenariat renforcé avec la Russie pourrait améliorer les méthodes de production et contribuer à élever le niveau de vie.

Politique étrangère et ouverture aux BRICS
Sur le plan diplomatique, Michaël Randrianirina a affirmé que Madagascar restait ouvert à tous les partenariats. Il a évoqué un intérêt pour une coopération accrue avec les BRICS, estimant que cette ouverture pourrait offrir de nouvelles opportunités économiques.
Il a également précisé que son gouvernement n’excluait aucun partenaire international et poursuivait sa coopération avec les pays occidentaux, tout en renforçant ses relations avec Moscou.

Réactions aux accusations de complot
Interrogé sur un rapport du service de renseignement extérieur russe évoquant un supposé projet de déstabili­sation qui viendrait de la France, le chef de l’Etat malgache a déclaré ne pas avoir reçu d’information officielle à ce sujet. Il a indiqué avoir pris connaissance de ces éléments via les réseaux sociaux, tout en affirmant rester vigilant face à toute tentative de déstabilisation.
Il a précisé qu’une rencontre avec le gouvernement français était prévue prochainement, réaffirmant la volonté de Madagascar de travailler avec tous les pays.

Liberté d’expression
Enfin, le président a affirmé vouloir défendre la liberté d’expression à Madagascar, indiquant que les autorités n’entravaient pas les manifestations, sauf en cas de trouble à l’ordre public. Il a déclaré que les médias internationaux étaient les bienvenus à Mada­gascar s’ils souhaitaient y exercer leurs activités.

N.A

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