Antananarivo a été prise d’assaut… par ses propres déchets. Après cinq jours de grève des éboueurs, les rues de la capitale se sont transformées en véritables montagnes d’ordures, atteignant près de 9.000 m3. Cette situation a alarmé habitants, commerçants et autorités en rappelant la fragilité des infrastructures de collecte.
Face à cette accumulation spectaculaire, la Société municipale d’assainissement (SMA) a lancé une opération d’urgence d’envergure. Depuis le 14 mars, les équipes ont déjà évacué 6.500 m3 de déchets, avec l’aide de 24 camions et d’engins lourds, réduisant considérablement le volume restant. L’Etat a renforcé le dispositif vendredi avec six camions supplémentaires, portant la capacité quotidienne de collecte à plus de 1.100 m3.
Mais cette crise a également révélé une force insoupçonnée : la mobilisation citoyenne. De nombreux riverains se sont organisés pour trier, transporter et regrouper les déchets, participant directement à la restauration de la propreté urbaine. Selon la SMA, c’est cette coopération entre services publics et habitants qui accélère réellement l’élimination des ordures.
Le Corps des Sous-officiers des Forces armées de Madagascar (Cosofam) s’implique dans cette mobilisation en assurant la coordination et le contrôle sur le terrain, garantissant efficacité et sécurité dans cette opération massive. A cette occasion, le Cosofam hausse le ton face à une situation jugée intenable. Dans les bacs à ordures de la capitale, les déchets ménagers côtoient désormais des matières fécales et autres détritus insalubres, en totale violation des règles d’hygiène. Ses agents estiment que cette dérive reflète un profond mépris pour les éboueurs, pourtant chargés de manipuler ces déchets au quotidien. L’organisation appelle à un sursaut de responsabilité collective, rappelant que ces espaces ne doivent accueillir que des ordures domestiques, alors que certaines entreprises y déversent aussi leurs déchets.
Fahranarison




