Mercredi des idées en goguette: Mémoire courte

L’histoire, dit-on, est condamnée à se répéter. Mais est-il si difficile d’apprendre des erreurs du passé ? Ou bien, une fois arrivé à des postes de responsabilité, perd-on la maîtrise de ses prises de position ? Des questions qui peuvent sembler banales mais qui restent profondément légitimes avec tous ce qui se passe ces derniers jours. Car, malgré les tenta­tives de justification, malgré les discours de défense parfois bien rodés, une réalité de­meure : au final, ce sera toujours au peuple de s’exprimer, tôt ou tard.

Ces interrogations prennent tout leur sens aujourd’hui, à l’heure où les scandales se multiplient et s’amplifient sur les réseaux sociaux. Chaque jour ou pres­que, une nouvelle affaire éclate, mettant en cause telle ou telle personnalité. Chacun tente alors de se défendre, parfois ma­lad­roitement, souvent dans la confusion et quelquefois même en alimentant davantage les soupçons.

Voir un chef d’institution monter au créneau non pas pour défendre son institution mais pour prendre position en fa­veur d’une personnalité, interroge. Certes, chacun est libre de ses engagements. Mais à ce ni­veau de responsabilité, la frontière entre fonction pub­lique et position personnelle devrait rester claire.

Ce qui inquiète aussi, c’est l’accumulation. Une photo prise dans une prison, des conversations téléphoniques diffusées en ligne, des révélations en tout genre… Pour le moment, certains de ces éléments pourraient pa­raître anodins. Mais mis bout à bout, ils dessinent un climat qui n’augure rien de bon. Une forme de mémoire courte où les leçons du passé semblent rapidement oubliées.

L’histoire récente du pays nous l’a pourtant déjà montré car les scandales à répétition, même ceux considérés comme mineurs, finissent toujours par produire des effets bien réels. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter très loin pour s’en souvenir. Quel­ques mois auparavant suffisent.

Mais au-delà des querelles politiques et des rivalités personnelles, le véritable enjeu est ail­leurs. Le plus grave, ce ne sont pas les tensions entre acteurs politiques, ni les polémiques qu’ils entretiennent. Ce sont leurs impacts sur la vie quotidienne des gens.

Une descente sur la place du 13 mai, par exemple, n’est jamais anodine. Elle entraîne des dommages collatéraux avec le ralentissement économique, les pertes pour les commerçants ou encore la perturbation de la vie urbaine. Et ce sont, encore une fois, les citoyens ordinaires qui en paient le prix.

Aujourd’hui, alors que le monde traverse une période de turbulences marquée par une crise économique globale, notre pays semble encore prisonnier de tensions politiques sans fin. Comme si l’essentiel était relégué au second plan.

Rakoto

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