Continuité de l’Etat

La cérémonie d’inauguration de la RN 13 liant Ambovombe à Taolagnaro s’est dé­roulée en grande pompe. Cela se comprend car c’est un axe routier qui a toute son importance pour le grand Sud. Pendant des décennies, ce fut un véritable cauchemar pour les usagers d’y voyager.
Quoique le projet ait été initié par le régime précédent, le régime de la Refondation, conscient de l’importance de cet axe routier, n’a pas hésité de poursuivre le projet. D’autres projets routiers identiques connaissent le même cas. Il en est ainsi du projet de construction de l’autoroute (Antananarivo-Toama­sina).
Le problème des di­rigeants qui se succédés à Madagascar est que chacun a voulu marquer de son empreinte, l’histoire du pays. Et pour pouvoir laisser une trace de son passage pour la prospérité, on s’engage dans des projets qui, des fois, demandent de nombreuses années pour leur réalisation.
Et il arrive que ce projet ne soit pas achevé quand le mandat du dirigeant arrive à terme. Et par amour propre mal déplacé de celui qui lui succède, ce dernier ne poursuit plus le projet qui a été initié par son prédécesseur. Il ne s’agit pas seulement de routes. D’autres secteurs peuvent être concernés.
Quoi qu’il en soit, certains projets n’ont pas été poursuivis, juste pour cette raison. Et il est arrivé qu’ils aient été laissés à l’abandon. Non seulement, cela a causé la frustration de la population qui devrait bénéficier des avantages ap­portés du projet car leur espoir a également été enterré avec le projet.
Mais pour le pays également, la non-poursuite des chantiers est une véritable perte. On peut dire que c’est de l’argent perdu pour rien car il ne faut pas oublier qu’il faut encore le rendre. Et le pays s’est endetté pour rien et cela à cause d’un amour propre mal déplacé.
Or, avant toute chose, ce sont aux intérêts du peuple qu’on doit penser. C’est ce qui doit primer. Et c’est également dans cet esprit que doit se faire le choix des projets à mettre en chantier. Il faut toujours penser à ce qui va apporter le plus de bénéfice au peuple, à tout ce dont il a besoin dans l’immédiat.
Effectivement, à un certain moment, il faut toujours faire un choix. On ne pourra jamais lancer tous les projets en même temps faute de moyens. Il faut donc se fixer des priorités quitte à poursuivre les projets dont on n’a pas eu l’initiative du moment que c’est un projet crucial pour la population.
En conséquence, sa­voir qui a initié le projet ou bien qui l’a terminé importe peu. Ce qui compte avant tout est qu’il soit achevé dans les normes, pour le grand bénéfice du peuple malgache. C’est tout ce qui compte. Et c’est dans ces conditions seulement qu’on appréciera la con­tinuité de l’Etat.

Ranaivo Lala Honoré

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