La marche pacifique initiée par la Gen Z nationale, s’est déroulée dans le calme hier. Partis d’Ambohijatovo comme prévu, les manifestants ont rejoint la place du 13 Mai aux alentours de midi. Si aucun incident n’a été signalé, la mobilisation apparaît toutefois en deçà des attentes, soulevant des interrogations sur la capacité du mouvement à peser durablement dans le débat politique.
Derrière la marche pacifique, les revendications restent les mêmes. Les manifestants exigent notamment la dissolution de la Haute cour constitutionnelle (HCC), de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de l’Assemblée nationale. A ces exigences institutionnelles s’ajoutent un refus de participer à toute concertation, ainsi qu’une demande sociale forte autour de l’accès à l’électricité et à l’eau, comme droits fondamentaux.
Assemblée constituante
Au cœur des propositions des manifestants, la mise en place d’une assemblée constituante qui marque une volonté de refonte en profondeur du système politique. Cette instance viendrait remplacer des structures transitoires de la crise de 2009 comme le Conseil supérieur de la transition (CST) et le Congrès de la transition (CT).
Dans cette optique, cinq représentants du mouvement auraient été mandatés pour engager des discussions à la Primature, en vue d’une pré-concertation portant sur la dissolution des institutions actuelles et la création de nouvelles bases de gouvernance.
Des grands absents
Malgré la portée de ces revendications, la faible affluence d’hier pourrait changer la donne. Plusieurs acteurs attendus n’ont pas répondu à l’appel, notamment les étudiants des universités publiques, dont ceux affiliés à l’Association des étudiants dynamiques de l’université de Madagascar (Assedu-Mada). La Gen Y, également ciblée par les organisateurs, est restée en retrait, tout comme les influenceurs qui avaient pourtant joué un rôle moteur lors des mobilisations de septembre et octobre 2025. Leur absence, aussi bien sur le terrain que sur les réseaux sociaux, a contribué à limiter l’ampleur du rassemblement.
Par ailleurs, les forces de l’ordre étaient déployées dans plusieurs points stratégiques, notamment à Analakely et Mahamasina, prêtes à intervenir en cas de débordement. Du côté des autorités, le ton se veut conciliant. Le ministre de la Jeunesse et des sports, Alain Désiré Rasambany, a appelé les jeunes à privilégier le dialogue dans le cadre de la conférence nationale à venir. Insistant sur l’importance d’écouter les aspirations des jeunes, il a encouragé une participation large à la concertation nationale, estimant que les réformes doivent s’inscrire dans un cadre structuré plutôt que dans la rue.
Reste que les initiateurs de la marche entendent maintenir la pression. Ils affirment vouloir poursuivre la mobilisation jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications. La suite du mouvement dépendra en grande partie de la dynamique des concertations prévues à partir du 14 avril. Une forte adhésion à ces échanges pourrait marginaliser l’initiative de la Gen Z, tandis qu’un désintérêt ou un échec des discussions pourrait, au contraire, raviver la contestation.
Tivo Rasam/ SA




