Une concertation nationale des jeunes, pourquoi ? La question mérite d’être posée, surtout à la lumière des images qui ont circulé après la rencontre tenue à Ivato. A première vue, certains y ont vu un événement déjà teinté de politique car des figures bien connues occupaient le devant de la scène. De quoi alimenter les critiques, parfois rapides, souvent passionnées. Mais au-delà des apparences, il faut prendre le temps d’écouter, de comprendre et surtout de replacer cette initiative dans son contexte.
Car oui, il faut le dire sans détour, la concertation nationale est une bonne chose. Mieux encore, elle est nécessaire dans le contexte actuel. Les sociétés qui avancent sont celles qui savent créer des espaces de dialogue à la place de l’affrontement. Et la jeunesse, par définition, doit être au cœur de ces échanges.
Ces derniers mois l’ont largement démontré. Depuis septembre de l’année dernière, la jeunesse malgache a montré qu’elle pouvait se mobiliser lorsque la situation l’exige. Elle a prouvé qu’elle n’était ni indifférente ni passive. Bien au contraire, elle a fait entendre sa voix, parfois dans la rue, parfois sur les réseaux sociaux, avec une détermination qui ne laisse personne indifférent. Cette capacité à se lever et à porter des revendications est une force indéniable.
Mais justement, c’est là que réside l’enjeu. Une concertation nationale ne doit pas être un simple décor. Elle ne doit pas se transformer en une tribune politique déguisée, ni servir à légitimer des décisions déjà prises ailleurs. Le risque existe, et il ne faut pas
l’ignorer. Politiser à outrance un espace censé être ouvert et inclusif reviendrait à en vider le sens. La jeunesse mérite mieux qu’un rôle de figurant dans un scénario écrit à l’avance.
Dans le même temps, la jeunesse elle-même doit faire un pas. Prendre conscience de sa force, oui. Mais aussi de ses limites. Il y a encore du chemin à parcourir et des compétences à renforcer. Car au fond, l’avenir ne se construit pas contre l’expérience mais avec elle.
C’est peut-être cela, le véritable esprit d’une concertation nationale réussie, c’est-à-dire un espace où l’enthousiasme de la jeunesse rencontre la sagesse de l’expérience. Un lieu où l’on ne cherche pas à récupérer mais à construire. Où l’on n’impose pas, mais où l’on écoute.
Alors oui, une concertation nationale des jeunes, pourquoi pas ? A condition qu’elle reste fidèle à son ambition initiale : être un véritable moment d’échange, sincère, ouvert, et tourné vers l’avenir.
Rakoto




