Il a été décrété lors du dernier Conseil des ministres que, dorénavant, le port de « tenue malgache » tous les vendredi au sein de l’administration publique. L’objectif serait de promouvoir l’identité malgache et le patrimoine culturel national. De ce point de vue, il n’y a aucun mal.
Mais qu’est-ce qu’on entend par « tenue malgache » ? Officiellement, la « tenue malgache désigne les vêtements qui mettent en valeur l’identité culturelle de Madagascar ou les particularités propres aux différentes régions du pays ».
Evidemment, ces particularités existent bien et cela va de la tête jusqu’aux pieds. Surtout au niveau des femmes, chaque région a sa particularité de se coiffer. Quant aux hommes, le couvre-chef varie selon chaque région. Et il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs.
Mais avant toute chose, il importe de savoir si c’est l’une des priorités du moment. Certes, on reconnaît que le malgache a perdu une grande part de son identité culturelle. Mais ce n’est pas en imposant un code vestimentaire un jour sur sept qu’on retrouvera cette identité qui nous différencie des autres.
Encore faut-il savoir qu’un code vestimentaire ne se décrète pas. Tant qu’il reste imposé, c’est toujours à contre cœur qu’on le fait. Autrement dit, même si les agents de l’administration publique le suivent, il faut savoir qu’ils s’en débarrasseront le plus vite possible.
Et pire encore, plus on impose des choses aux hommes, plus ils les détesteront. On peut bien croire que ce n’est pas l’objectif de cette décision. Dans ces conditions, on ne peut parler que d’apparat, donc d’artificiel. Ce n’est pas de cette manière qu’on peut faire adopter une identité culturelle.
D’autant plus que par cette décision, on oblige aux Malgaches de renouveler une partie de sa garde-robe. Or, pour trouver des habits à porter chaque dimanche à l’église est bien difficile pour certains. Ce sont autant des dépenses supplémentaires. Heureusement que les fonctionnaires ont vu leur situation s’améliorer depuis l’avènement du régime de la refondation.
Evidemment, il y a certains corps de métiers qui ne pourront pas
suivre ces indications. D’ailleurs, il est bien spécifié que le port de cette tenue traditionnelle devra respecter les exigences professionnelles, notamment en matière de sécurité, d’hygiène, … .
Mais certains esprits hors du commun ne manqueront pas de porter leur « déguisement » à l’extrême, quitte à adopter des accoutrements farfelus. On pourrait penser qu’on va assister au carnaval de Rio (Brésil). De toutes les façons, on dit que « le ridicule ne tue pas ».
Ranaivo Lala Honoré




