Réformes économiques: l’État élabore un budget tourné vers l’investissement

Le gouvernement prépare actuellement la loi de finances rectificative 2026. Le texte doit renforcer les réformes déjà engagées et soutenir les secteurs jugés stratégiques pour le développement du pays. Le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, a présenté les grandes orientations du projet, hier à Ambatonakanga.

L’Exécutif ambitionne de mobiliser des fonds et des financements pour les investissements dans les infrastructures,
l’énergie et l’agriculture. Le projet prévoit aussi de renforcer la décentralisation. Les communes et les régions devraient être dotées jusqu’à 12 % du budget national, afin d’augmenter leurs capacités financières et leur autonomie.
Le gouvernement envi­sage également plusieurs mesures fiscales pour soutenir l’économie. A citer la suppression de la TVA sur les intérêts bancaires. Cette décision vise à encourager les investissements et à alléger les charges des consommateurs.
Le ministre a aussi mis l’accent sur le renforcement de la lutte contre la corruption et l’amélioration de la collecte des recettes fiscales. Selon lui, ces réformes restent indispensables pour assurer une meilleure gestion des finances publiques.

Croissance moyenne d’environ 7,5 %

Lors de cette rencontre, Herinjatovo Ramiarison a rappelé l’ampleur du défi économique auquel fait face Madagascar. «Pour espérer un véritable rattrapage du niveau de vie, Madagascar doit maintenir une croissance moyenne d’environ 7,5 % par an, pendant au moins quinze ans», a-t-il déclaré.
Un tel rythme placerait la Grande Île parmi les économies les plus performantes du continent africain. Ac­tuellement, la croissance moyenne en Afrique subsaharienne varie généralement entre 3 % et 4 % par an.
Le ministre a toutefois précisé que la croissance démographique réduirait l’impact direct de cette progression sur les revenus des ménages. «Avec une croissance démographique estimée entre 2,5 % et 3 %, l’augmentation réelle du revenu par habitant serait comprise entre 4,5 % et 5 %», a-t-il expliqué.
Aujourd’hui, Madagas­car figure encore parmi les pays à faible revenu. Le Pib par habitant est estimé au­tour de 500 dollars par an. Selon les projections avancées, une croissance soutenue pourrait permettre d’atteindre entre 1.000 et 1.200 dollars par habitant dans les prochaines années.
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement estime que plusieurs conditions doivent être réunies : modernisation agricole, industrialisation progressive, amélioration des infrastructures et stabilité économique. «Sans continuité des réformes et sans stabilité macroéconomique, cette ambition restera théorique», a averti le ministre.

Arh.

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