Lutte contre la corruption: le gouvernement exige des résultats rapides

Réuni à Mahazoarivo le 15 mai, le Comité de Pilotage (Copil) chargé de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption (SNLCC 2025-2030) a validé le plan d’action destiné à concrétiser cette politique publique désormais présentée comme une priorité économique nationale.

La deuxième session du Copil a été conduite par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Mamitiana Rajaonarison, aux côtés du président du Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité, Jean Louis Andriamifidy, conformément au décret encadrant l’application de la stratégie.
A cette occasion, le Chef du gouvernement a affirmé la volonté des autorités de changer d’approche dans la lutte contre la corruption. Désormais, l’accent sera davantage mis sur les poursuites économiques et financières, la corruption étant considérée comme une atteinte directe à l’économie nationale. Le Premier ministre a notamment insisté sur la systématisation des en­quêtes financières dans toutes les affaires liées à la corruption.
Plusieurs mesures stratégiques ont été adoptées lors de cette réunion. Parmi elles figurent le renforcement des enquêtes patrimoniales, la lutte contre l’enrichissement illicite, la confiscation des biens dans certains cas sans condamnation préalable, ainsi que la création d’équipes conjointes entre les organes anti-corruption afin de traiter les dossiers à fort im­pact économique. Les autorités souhaitent également améliorer le partage rapide des informations et des données entre les différentes institutions concernées.
Le gouvernement entend toutefois rassurer les acteurs économiques. Selon le Pre­mier ministre, «la lutte contre la corruption ne doit pas freiner le développement, mais au contraire contribuer à assainir l’économie, protéger les recettes de l’État et réduire les effets de la vie chère sur la population».
Le secteur privé est également appelé à jouer un rôle central, aussi bien dans la prévention de la corruption que dans la protection des lanceurs d’alerte.

Par ailleurs, plusieurs réformes structurelles ont été annoncées, notamment la lutte contre la capture de l’Etat, l’assainissement des marchés publics, la révision des sanctions liées à la gestion des affaires publiques et le renforcement de la souveraineté numérique de l’État.
Les autorités exigent des résultats rapides et mesurables dès 2026 et 2027, dans le cadre d’une politique de tolérance zéro.

Le gouvernement souligne enfin que la réussite de cette stratégie dépendra de l’implication de tous les acteurs : institutions publi­ques, secteur privé, société civile et citoyens. Au-delà de la gouvernance, les autorités considèrent désormais la lutte contre la corruption comme un levier majeur du développement économi­que, de la souveraineté na­tionale et de la restauration de la confiance publique.

N.A

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