Pas de fuite de sujet

On peut dire que partout à Madagascar, la session 2026 pour l’obtention du Certi­ficat d’études primaires élémentaires (CEPE) s’est déroulée normalement. A part quelques rares exceptions, globalement, on a enregistré un bon déroulement des examens sur l’ensemble du terri­toire.
Ce résultat est à met­tre à l’actif du mi­nistère de l’Education nationale et surtout des différentes circonscriptions scolaires (Cisco) réparties dans toute l’île. C’est à ces dé­membrements du mi­nistère que l’on doit ce succès. Autrement, ce serait le chaos.
On peut bien se demander à quoi peut bien servir encore au­jourd’hui le CEPE ? A savoir si au niveau de la fonction publique, ce diplôme a toujours une valeur qui permettrait à ses détenteurs de prétendre à un poste, même subalterne, auprès de l’administration publi­que. Ce n’est pas évident.
Aujourd’hui, pour n’importe quel emploi, on exige des qualifications de plus en plus élevées. Pour cette raison, beaucoup d’élèves du primaire ne passent plus cet examen pour accéder directement en classe secondaire. De toutes les façons, ce sont toujours les parents qui décident en dernière instance.
D’ailleurs, hormis les intéressés, c’est-à-dire les candidats, il n’y que les parents qui connaissent un certain stress. Et ces derniers se plient en quatre pour que leur rejeton passe cet examen dans les meilleures con­ditions. Cela se comprend, c’est leur premier examen officiel.
On se demandera toujours pourquoi il y a de nombreux cas d’absence ? Effectivement, sur 583 463 candidats inscrits, 12 400 ont raté leur examen. Certes, ce chiffre serait en diminution mais toujours est-il que pour ne pas passer un examen, il doit bien y avoir une raison incon­tournable.
Cela doit surtout tenir d’une raison familiale. Il faut savoir que pour les candidats qui doivent se déplacer pour accéder à un centre d’examen du CEPE, cela engage des dépenses que certaines familles, en particulier en milieu rural, ne peuvent pas se permettre. D’où l’obligation de ra­ter l’examen.
Ce sont des vérités qui peuvent choquer certains, mais c’est la réalité-même. Et ce ne sont pas des cas rares. Prétendre que les en­fants malgaches ont la même chance de réussir est un euphémisme. Et ce n’est pas demain la veille que cela changera.
Tout compte fait, voilà un examen qui s’est finalement déroulé sans histoire. On peut bien espérer que les autres examens officiels qui vont venir (Bepc, Bacca­lauréat, …) se dérouleront dans les mêmes conditions et surtout, qu’il n’y ait pas ce dont on redoute le plus, à savoir, la fuite de sujets.

Ranaivo Lala Honoré

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