Les éternels laissés pour compte

Depuis l’avènement du régime de la Refon­dation, de nombreux corps de métiers ont vu leur condition de vie s’améliorer. Tout dernièrement, les enseig­nants ont vu leurs
in­demnités de craie accordées. Cependant, il y a une catégorie de personnes qui a toujours été oubliée par les régimes qui se sont succédés.
Il s’agit des retraités, en particulier ceux du secteur privé. Effecti­vement, il semble que personne ne se soucie de leur cas malgré les nombreuses manifestations organisées auprès du siège de la Cnaps
et les multiples appels lancés à l’endroit des décideurs. Mais en vain.
On peut dire que la pension de retraite allouée aux retraités tous les trimestres n’a pas enregistré de changement depuis de nombreuses années. A cha­que fois, des promesses sont faites dans ce sens. Mais finalement, pour une raison ou une autre, on trouve toujours des arguments pour ne pas le faire.
Qu’on le veuille ou non, il faut aussi savoir que la pension de retraite servie à Madagascar est dérisoire comparée à ce que les retraités dans d’autres pays perçoivent. C’est pourquoi, quand un salarié arrive à l’âge de la retraite, il se dit que c’est le début de la période des vaches maigres.
On peut être certain que le taux de mortalité au niveau des retraités est relativement élevé à cause de cette dépréciation de leur niveau de vie. Le changement peut être quasiment brutal si bien que certains retraités ne le supportent pas.
Pourtant, on ne peut pas dire que la Cnaps soit en difficulté, financièrement parlant. Si c’était le cas, elle n’aurait pas pu réaliser les énormes in­vestissements qu’elle a faits comme le complexe sportif de Vontovorona. Un investissement qui ne profite même pas aux principaux concernés, à savoir, les cotisants.
Ainsi, après de nombreuses années de bons et loyaux services, les retraités du secteur privé vivent dans la précarité. Il est temps que cela change. On avance que le montant des cotisations est trop faible pour permettre à l’institution financière de se montrer plus généreux.
Pourtant, on pense bien que les salariés ac­cep­­teraient bien que leur part de cotisation soit re­levée à la hausse si on leurs promettait que leur si­tua­tion s’améliorerait quand arrivera la retraite. Mais c’est un risque à courir. Il n’y a aucune garantie à ce que les choses changent.
Finalement, on se sa­tisfait d’un statu quo total dans lequel les ret­raités ont tout à perdre, faute de pouvoir ma­nifester plus intensément leurs revendications. Bien évidemment, des associations de ret­rai­tés ont essayé de se mettre en place, mais au bout du compte, elles ont discrètement disparu com­me elles sont nées.
Par ailleurs, il est difficile d’imaginer de voir des milliers de personnes âgées (les retraités) aller manifester sur la place du 13 mai pour aller réc­lamer une amélioration de leur situation. Ils n’en auront pas la force. Et pour cette raison, ils resteront les éternels laissés pour compte.

Ranaivo Lala Honoré

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