Immersion dans l’univers de Pierrot Men. Le photographe a présenté hier au Hakanto Contemporary Ankadimbahoaka, son exposition baptisée « Fofon’Aina », du 4 juillet 2026 au 14 février 2027, à travers laquelle l’artiste Joël Andrianomearisoa et le journaliste Rina Ralay Ranaivo, dévoilent les multiples facettes de Pierrot Men.
Comme le disait le grand photographe Elliott Erwitt : «La photographie, c’est l’art de l’observation. Il s’agit de trouver quelque chose d’intéressant dans un endroit ordinaire».
Le talent ne dépend ni de l’exotisme d’un lieu ni d’une mise en scène, mais du regard posé sur ce qui nous entoure. C’est précisément cette force qui caractérise Pierrot Men. Depuis près d’un demi-siècle, il sublime le quotidien à travers son objectif. Décharges, rues familières, paysages ordinaires, routes, portraits ou simples mains deviennent, sous son regard, des images saisissantes.
«Il suffit d’être au bon moment, au bon endroit. Tout est question de timing», résume-t-il.
Une autre lecture de son œuvre
Pour cette exposition, Joël Andrianomearisoa et Rina Ralay Ranaivo ont choisi de présenter autrement l’artiste et son travail. En cinquante ans de carrière, Pierrot Men a réalisé près de 8.000 clichés, parmi lesquels des pépites parfois inédites que les deux commissaires ont jeté leur dévolu.
«A part les images de renommée internationale, nous avons choisi d’autres qui n’ont encore jamais été exposées, mais qui méritaient de l’être», explique Rina Ralay Ranaivo. Ainsi, «Fofon’aina – Winds of Life – Vents de vie» dépasse largement le cadre d’une exposition photographique. Le parcours de Pierrot Men, est exploré en trois temps.
Le premier revient sur la consécration de Pierrot Men, aujourd’hui reconnu aussi bien à Madagascar qu’à l’international. «Il est devenu une affaire internationale», souligne Rina Ralay Ranaivo.
Le visiteur y découvre ses distinctions, les ouvrages qui lui sont consacrés ainsi que des photos des personnalités qui l’ont soutenu dans son parcours, comme le peintre Noël Razafintsalama.
La deuxième partie, sans doute la plus surprenante, dévoile les peintures et les dessins réalisés par l’artiste. «Au départ, je voulais surtout être peintre», confie Pierrot Men. Le troisième, plus intime, est consacré à sa vie familiale, à travers des photographies de ses proches.
Le parcours se poursuit avec une vaste exposition réunissant les œuvres sur 12 faces des six murs. Chaque face porte sur une thématique spécifique, comme « Fandalovan’ny Tany » ou « Men at Work ».
Enfin, une installation mêlant image et son, clôturera l’exposition. Deux projections photographiques accompagnées de la voix de Pierrot Men, qui partage ses souvenirs, ses réflexions et son expérience.
A travers cette scénographie, «Fofon’Aina» ne montre pas seulement les photographies de Pierrot Men. Elle révèle également l’homme, son parcours et une facette plus intime de l’un des plus grands photographes malgaches.
Holy Danielle




