Diffamation publique: Ismael Razafinarivo entendu pendant quatre heures à Fiadanana

Le journaliste et directeur de publication de la radio Antsiva, Ismael Razafinarivo, a été entendu hier pendant près de quatre heures par les enquêteurs de la Section de recherches criminelles (SRC) à Fiadanana. Cette audition fait suite à une plainte déposée par le président de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), Florent Rakotoarisoa. Selon les informations recueillies, cette procédure est sans lien avec les récents cas de disparitions d’enfants et d’homicides qui ont marqué l’actualité.

A l’issue de son audition, Ismael Razafi­narivo a quitté libre les locaux de la SRC. Devant la presse, il a indiqué que les échanges avec les enquêteurs s’étaient déroulés dans le calme et dans le respect des procédures. « Les questions ont été posées normalement », a-t-il déclaré.
Des collaborateurs du journaliste ainsi qu’Andry Rakoto, président du Comité transitoire de l’Ordre des journalistes de Madagascar (CT-OJM), étaient présents à Fiadanana pour lui témoigner leur soutien. Selon ce dernier, l’audition s’est dé­roulée dans de bonnes condi­tions, tout en rappelant que la procédure pourrait connaître de nouveaux dé­veloppements au gré de l’enquête.
Le président du CT-OJM s’est abstenu de commenter le contenu des échanges avec les enquêteurs, invoquant le secret de l’enquête. Il a réaffirmé le soutien de l’organisation aux journalistes ainsi que son attachement à la défense de la liberté de la presse et de la liberté d’expression.
Par ailleurs, l’Association des chroniqueurs politiques (Achropol) a également exprimé sa solidarité envers Ismael Razafinarivo. Dans un communiqué, elle rappelle le principe de dépénalisation des délits de presse prévu par la loi n°2020-006 relative à la communication médiatisée et appelle au respect du cadre juridique applicable à l’exercice du journalisme. L’association indique, par ailleurs, faire confiance aux autorités compétentes pour traiter ce dossier dans le respect de la loi.
Selon les documents transmis par Me Christian Raoelina, avocat de Florent Rakotoarisoa, la plainte a été déposée le 3 juillet. Elle vise notamment des faits présumés de diffusion de fausses nouvelles, de diffamation publique et d’incitation à la haine. La procédure fait référence à des propos tenus lors d’une émission diffusée en direct le 18 juin, au cours de laquelle plusieurs accusations ont été formulées à l’encontre du président de la HCC, notamment sur des faits supposés survenus le 21 janvier et sur son impartialité. L’enquête suit son cours.

S.A

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