Dans le fokontany d’Ambaninjanahary, commune rurale de Mitsinjo, district de Mitsinjo (région Boeny), une ancienne terre dégradée est devenue un site de démonstration en agroécologie. Mis en place par Asity Madagascar, gestionnaire de l’aire protégée Complexe Mahavavy-Kinkony (CMK), en collaboration avec les communautés locales, ce centre de formation entend prouver qu’il est possible d’améliorer les revenus des ménages tout en limitant la pression sur les ressources naturelles.
Le site, aménagé sur près de 20 hectares, applique des techniques agricoles respectueuses de l’environnement. Il est faisable de cultiver sans engrais chimiques, uniquement à l’aide de compost et d’engrais liquides produits localement. L’exploitation associe maraîchage, arboriculture fruitière, riziculture améliorée (SRA), pépinières, apiculture et pisciculture.
Un des leaders communautaires, José Anicet Randriamanantena, confie avoir investi énormément dans cette transformation, fruit d’un long travail. «Nous avons commencé à restaurer ces terres dès 2017. Elles étaient arides. Avec l’appui technique d’Asity Madagascar, les habitants se sont progressivement tournés vers l’agriculture et l’élevage à partir de 2020, abandonnant peu à peu la fabrication de charbon de bois», explique-t-il. Environ quarante familles ont déjà adopté ce nouveau mode de production.
Vitrine et laboratoire d’innovation
Les résultats sont jugés encourageants. Les producteurs cultivent notamment des carottes, haricots verts, courgettes, concombres, tomates, piments, angivy, ainsi que des papayes, ananas et bananes.
«La demande est forte. Le kilo de carottes peut atteindre 14.000 ariary et le prix de nos piments peut dépasse les 150 kilos par semaine, écoulés jusqu’à Mahajanga», indique Elis Rakotonarivo, technicien de développement au sein de l’ONG, en exercice dans ce centre d’Ambaninjanahary. Des collecteurs de Mitsinjo, Mahabibo et Namakia achètent déjà les récoltes.
La riziculture constitue également une nouvelle source de sécurité alimentaire. «La récolte de cette année devrait couvrir nos besoins pendant les trois prochaines années, soit environ 100 sacs de paddy. Après chaque campagne, nous améliorons encore les parcelles pour accroître les rendements», souligne José Anicet Randriamanantena.
«Notre mission est de tester des solutions adaptées aux réalités locales, puis de les transmettre aux communautés. Nous voulons démontrer que cultiver sans détruire les forêts ni les ressources naturelles, peut garantir un revenu durable», conclut Elis Rakotonarivo.
Arh.




