Coup de tonnerre dans le petit monde du tennis de table malgache. Alors que les raquettes africaines s’apprêtaient à aller à l’assaut des tables ghanéennes, Madagascar a annoncé son forfait pour les deux grands rendez-vous continentaux de la catégorie jeunes, en l’occurrence les Championnats d’Afrique Jeunes (20-27 juillet) et la Coupe d’Afrique Junior (28-29 juillet).
D’après les informations recueillies, la raison est tristement classique : le manque criant de moyens financiers. Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) n’a pas débloqué le budget nécessaire pour permettre à la délégation de s’envoler vers Accra. Pourtant, la fédération malagasy de tennis de table (FMTT) a bel et bien engagé le processus en inscrivant officiellement les noms des athlètes sur les listes d’entrée des deux compétitions, avant de devoir les retirer dans la douleur.
Chez les filles, huit raquettes étaient retenues pour le Championnat d’Afrique : Jennie Rakotonirina, Mbolatiana Ravoharimanana, Idealy Rakotonanahary, Tina Andriantahina et quatre autres sélectionnées prêtes à en découdre sur les tables rapides d’Accra. Chez les garçons, six pongistes étaient du voyage : Fiderana Ranarison, David Ranarison, Rhandy Rakotondrazaka, Elijaharisoa Andriamampandry, Mamy Rakotoarisoa et un sixième larron.
Pour la Coupe d’Afrique Junior qui suit immédiatement, le groupe était resserré autour des cadres : quatre filles (Rakotonirina, Ravoharimanana, Rakotonanahary et Andriantahina) et quatre garçons (Rakotondrazaka, Rakotoarisoa, Andriamampandry et Ranarison). Des effectifs solides qui auraient pu viser des podiums en simple, en double et par équipes, tant la nouvelle génération malgache a montré de belles promesses ces derniers mois sur le circuit national.
Rêve brisé
La déception est immense dans les familles des joueurs sélectionnés. Après des semaines d’entraînements intensifs, de préparation physique et de réglages de raquettes, les jeunes talents se retrouvent à quai, contraints de suivre la compétition depuis Madagascar. Pour certains, c’était peut-être l’occasion unique de briller au niveau continental, d’engranger des points ITTF et surtout de vivre cette atmosphère électrique des joutes africaines où revers liftés, services courts et blocs défensifs s’entrechoquent du matin au soir.
Ce forfait pose une nouvelle fois la question récurrente du financement du sport de haut niveau à Madagascar. Alors que plusieurs nations africaines alignent des délégations complètes et ambitieuses à Accra, les pongistes malgaches, pourtant souvent performants sur la scène régionale, se heurtent encore aux réalités budgétaires. La FMTT, qui avait pourtant joué le jeu jusqu’au bout, se retrouve aujourd’hui dans une position inconfortable, entre incompréhension des athlètes et frustration des cadres techniques.
Naisa




