La capitale tananarivienne s’anime au rythme de la 7e édition du Festival 321 cette semaine, autour du thème « Dihy sy Tantara ». Initié par la Compagnie Rary, le rendez-vous entend une nouvelle fois mettre en lumière la création chorégraphique contemporaine tout en accompagnant les jeunes danseurs-chorégraphes malgaches dans leur parcours.
Durant sept jours, plusieurs lieux culturels de la capitale accueilleront les différentes activités du festival, notamment la Cité des Cultures, le Tahala Rarihasina, le Tiers Lieu Maison Mahatazana, le Tranompokonolona Analakely et la Bibliothèque municipale. Cette édition propose 34 spectacles, portés par de jeunes créateurs, des compagnies invitées et des artistes internationaux. Des workshops destinés aux danseurs et aux chorégraphes, ainsi que des conférences réunissant des professionnels malgaches et étrangers, permettront également d’aborder les enjeux liés à la création chorégraphique. Le programme comprend par ailleurs deux expositions artistiques, «Dihy Soratra Soradihy» et l’installation «Fa Style».
Le Festival 321 s’ouvre également à la création internationale avec la participation d’artistes venus des Comores, de Maurice et de Suède. Parmi les invités figurent Farid Abdoul El Fatah, des Comores, Marie Christabelle Natalia Bayroo et Jerry Kursley, de Maurice, ainsi que Gwen Rakotovao, danseuse, chorégraphe malgache installée en Suède.
Questionner la création
Le choix du thème «Dihy sy Tantara», littéralement «danse et histoire», invite à porter un regard plus large sur la création chorégraphique. Pour Ariry Andriamoratsiresy, initiateur du festival, «la création de la jeune génération verse dans l’émotion personnelle, fortement marquée par notre vécu et notre situation actuelle», souligne-t-il. Dans ce contexte, il encourage les jeunes créateurs à approfondir leur démarche et à questionner davantage leur environnement. «La création peut puiser dans le passé, se projeter vers l’avenir ou encore s’inspirer des réalités du monde».
Cette réflexion touche également aux conditions de création. «Le soutien financier ne devrait pas devenir la principale motivation à la création. La question du public, de l’éducation artistique et de la sensibilisation reste tout aussi essentielle pour construire une scène chorégraphique durable», a-t-il ajouté.
Il faut rappeler que le Festival 321 tire son nom des formats de création que la Cie Rary accompagne depuis ses débuts, à savoir le trio, le duo et le solo, auxquels s’ajoutent aujourd’hui les créations de groupe. Depuis plus d’une décennie, l’événement œuvre au développement de la scène chorégraphique malgache à travers la création, la formation et les échanges artistiques. Au-delà de la programmation, il revendique une mission d’accompagnement. Les anciens membres et alumni de la Compagnie participent d’ailleurs activement à la réalisation de cette édition, témoignant de la continuité entre les différentes générations d’artistes.
Joachin Michaël




