La politique recommence à faire du bruit. Depuis quelque temps, les débats autour de la dissolution ou non de l’Assemblée nationale gagnent du terrain dans certains partis et mouvements politiques. Mais cette fois, les députés commencent à sortir de leur silence.
Hier, le député élu à Ikalamavony a choisi de répondre directement à ceux qui réclament la disparition de l’institution. Ou plutôt, la perte de leurs avantages, car c’est bien de cela qu’il s’agit, en filigrane. Et il n’a pas mâché ses mots.
Selon lui, les responsables politiques qui portent cette revendication ne constituent certainement pas son modèle en matière de pratique politique. Plus sérieusement, il estime que réclamer la dissolution de l’Assemblée nationale revient à faire passer des intérêts politiques particuliers avant l’intérêt national.
Le député va même plus loin. À l’entendre, certains de ceux qui réclament aujourd’hui la dissolution chercheraient surtout à retrouver une place dans les futures institutions, notamment avec un éventuel retour des CT et CST.
Et pourtant, cette revendication de dissolution ne date d’ailleurs pas d’hier. Elle figurait déjà parmi les demandes exprimées sur les places publiques par les jeunes de la génération Gen Z depuis octobre dernier. Elle n’a donc pas disparu avec les changements politiques intervenus depuis. Elle revient aujourd’hui par vagues, comme une chanson dont personne ne connaît encore le dernier couplet.
Le débat mérite pourtant mieux qu’un simple affrontement entre ceux qui veulent dissoudre et ceux qui veulent conserver. S’agit-il de dissoudre pour dissoudre ou pour renouveler une pratique visant simplement à partager les sièges ? Car changer les occupants des fauteuils sans changer le système risque de produire le même résultat, avec simplement de nouveaux visages.
Au fond, la question n’est peut-être pas de savoir qui va perdre son fauteuil. Elle est de savoir si Madagascar va enfin changer… la manière dont on les attribue.
Rakoto




