Quelle lecture politique ?

Chacun tente de faire une lecture politique de cette réconciliation « made in Androy » entre le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, et le député Philobert Milavonjy, élu dans le district d’Ambovombe et chef de l’opposition à l’Assemblée nationale. Au sens figuré, ils ont enterré la hache de guerre, après l’appel du chef de l’État à dépasser les divisions politiques et à se donner la main pour développer ensemble cette région. « Si tu pars à l’attaque, je suis derrière toi », a même déclaré Philobert Milavonjy à cette occasion, tout en affichant son soutien au président, allant jusqu’à lui donner sa bénédiction.
Du coup, tout le monde s’interroge sur la portée politique de ce geste symbolique du « jamais-vu » et notamment des déclarations élogieuses des protagonistes. Faut-il y voir le prélude à une alliance politique pour porter la voix du Sud tout au long du processus de la Refondation, voire au-delà… ? Philobert Milavonjy a même repris les propos de l’ancien président Marc Ravalomanana : « Il vaut mieux être ensemble d’abord, puis trouver un accord ensuite ; lui, il peut sortir, tandis que nous pouvons entrer », d’autant que quelques jours après cet acte symbolique, des députés de l’Irmar ont officiellement retourné leur veste pour soutenir le régime en place.
Sous cet angle, le chef de l’opposition au sein de l’hémi­cycle va-t-il emboîter le pas à ses pairs, selon le principe de la géométrie variable à Tsimbazaza ? Pour le moment, aucune déclaration allant dans ce sens n’a été faite. Mais des observateurs pensent que cela ne tardera pas à venir, ce qui va, dans ce cas, reconfigurer l’échiquier politique à l’Assemblée nationale, la laissant sans réelle opposition.
Le dialogue, la concertation et le compromis sur les grandes questions nationales sont inhérents à la vie démocratique, sans toutefois chercher à faire disparaître l’opposition, censée jouer un rôle de contre-pouvoir au sein de l’Assemblée nationale.

Rakoto

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