Concertation nationale: le FFKM est prêt, la Primature finalise son dispositif

La concertation nationale progresse vers la phase opérationnelle. Le FFKM a présenté, hier au Village Voara Andohatapenaka, les structures appelées à conduire et à mettre en œuvre le processus. Du côté de la Primature, le Comité technique a déjà entamé les travaux, mais la composition nominative n’est pas encore officiellement arrêtée.

Après plusieurs mois de préparation, le Con­seil des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM) achève la mise en place d’une structure chargée de mener à bien la concertation nationale, composée d’un conseil d’administration de 13 membres, d’une coordination nationale, d’un comité technique et d’une équipe chargée de la mise en œuvre.
A la tête de cette organisation, le coordonnateur général Ahmad Joseph, a d’emblée placé le processus sous le signe de l’inclusivité, de la neutralité et de la transparence.
« Tous les avis seront considérés et cela avec la même importance », a-t-il assuré, en affirmant que la profession, le statut, l’origine, la religion ou les convictions ne devront pas déterminer le poids accordé à la parole des participants.
Cette égalité de traitement, a-t-il insisté, ne doit pas rester une déclaration de principe. C’est une règle de fonctionnement pendant toute la concertation, depuis la collecte des propositions dans les fokontany jusqu’à leur transmission aux ni­veaux supérieurs.

Neutralité
Le coordonnateur général a surtout répondu à l’une des principales interrogations autour du processus, celle de son indépendance à l’égard des partis, des groupes d’intérêts ou de ceux qui contribueront à son financement. «Nous ne prendrons parti pour personne et nous ne servirons les intérêts d’aucun parti ni d’aucun groupe», a déclaré Ahmad Joseph.
Le message vise à conforter la position du FFKM comme facilitateur d’une démarche qui ambitionne de partir de la base. Le schéma présenté jusqu’ici prévoit en effet de recueillir les préoccupations et propositions des citoyens depuis les fokontany, avant de les faire remonter au niveau supérieur. Le calendrier rendu public par le FFKM prévoit que le processus se poursuive jusqu’à l’étape nationale en 2027. L’enjeu sera désormais de traduire cette neutralité dans les méthodes de sélection des participants, la conduite des débats et surtout le traitement des contributions recueillies.

Transparence
Le FFKM promet également de placer la gestion financière et matérielle sous le signe de la transparence. Selon Ahmad Joseph, l’origine de tout soutien financier ou matériel destiné aux activités de la concertation, devra être portée à la con­naissance du public. Il an­nonce également un contrôle des dépenses et de l’utilisation des équipements mis à disposition du processus.
Cette question est particulièrement sensible compte tenu de l’ampleur de la tâche. Une consultation partant des fokontany et couvrant l’ensemble du territoire nécessite des moyens humains, matériels et financiers considérables. Les conditions dans lesquelles ces ressources seront mobilisées et utilisées constitueront donc l’un des critères permettant d’apprécier la crédibilité du processus.
« Nous établirons des rapports clairs », a-t-il assuré, en mettant l’accent sur l’obligation de rendre compte.

Tivo Rasam

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