Le marché de l’orge brassicole est en difficulté et menace directement les revenus ruraux des producteurs du district de Manandriana, dans l’Amoron’i Mania.
Depuis plusieurs années, la culture d’orge en contre-saison constitue une source importante de revenus pour de nombreux ménages. Les recettes permettent aux familles de financer les dépenses quotidiennes et de scolariser les enfants. Elles servent aussi à préparer la prochaine campagne rizicole, pour acheter d’intrants, des matériels agricoles…. Cette activité a ainsi amélioré progressivement le niveau de vie de plusieurs familles.
« L’orge a profondément changé notre vie. Nos revenus ont augmenté et notre pouvoir d’achat s’est amélioré », témoigne Solondraibe Jean Randrianantenaina, producteur d’orge à Ambatofinandrahana. Mais l’équilibre devient aujourd’hui fragile. Les producteurs dénoncent une baisse importante de leurs marges, alors que les coûts de production continuent d’augmenter. Ils redoutent désormais une nouvelle dégradation du marché.
« Nous craignons surtout que les superficies cultivées soient réduites. Cela risque de diminuer fortement les revenus de nombreuses familles rurales », poursuit-il. Car nombreux producteurs ont préféré abandonner la culture d’orge.
Cette année, la filière compte désormais près de 15.000 producteurs, contre 20.000 l’année précédente. En un an, près de 5.000 producteurs auraient ainsi quitté la filière. Sans mesures adaptées, cette tendance pourrait encore s’aggraver.
Concernant le prix, il a légèrement reculé, passant de 1.750 ariary en 2025 à 1.700 ariary actuellement, brisant ainsi la tendance depuis 2020 où le kg valait encore 880 ariary. Aussi, selon les producteurs, les superficies consacrées à l’orge auraient fortement reculé. Elles ne couvriraient plus qu’environ 1.600 hectares.
Plus que des revenus
Le maire d’Anjoma Nandihizana, Honoré Patrick Fenonantenaina, atteste que les ristournes générées par l’activité constituent une ressource vitale pour financer les activités locales. Selon les données communiquées par l’élu, ces recettes sont réparties entre la région et la commune. La Région reçoit 40 %, contre 60 % pour la commune. Ces ressources contribuent notamment au financement des infrastructures et des projets de développement local. Une baisse durable de la production réduirait donc les capacités d’investissement des collectivités.
« Les difficultés des producteurs ne concernent pas uniquement les agriculteurs. Toute l’économie locale risque d’en subir les conséquences », explique le maire. Il évoque également les effets de la hausse des droits d’accise appliqués aux produits de la Star. Cette évolution aurait contribué à fragiliser davantage le marché de l’orge.
Pour les producteurs, la priorité consiste désormais à préserver cette source de revenus. La réduction des superficies cultivées pourrait accentuer la précarité des ménages. Elle risque aussi de chambouler la préparation des prochaines campagnes rizicoles.
Arh.




