Bras de fer

15 jours, c’est le délai accordé par le mi­nistère des Transports et de la Météorologie ainsi que l’Agence des transports terrestres (ATT) aux transporteurs qui exercent au Fasan’ny karana pour transférer leurs activités à Amoronakona, une gare routière flambant neuve.

Cette nouvelle gare routière située sur la RN2 dispose de toutes les commodités requises. D’autant plus que sa situation est plus que favorable pour les transporteurs, surtout ceux qui desservent toute la Côte-Est et la région d’Alaotra Man­go­ro.

Même tous les trans­porteurs qui exploitent la direction sud du pays auront quelques avantages dans la me­su­re où le by-pass est situé à proximité. Tout est en place pour faciliter l’accès des transporteurs à la nouvelle gare routière. L’ATT accompagnera les transporteurs pour faciliter les démarches techniques liées au dé­ménagement.

Quant aux voyageurs, il faut savoir que l’éloignement de cette nouvelle gare routière par rapport au centre-ville est la principale cause de leur désaffection à son égard. Toutefois, il est annoncé qu’un nouvel itinéraire va être mis en place pour leur faciliter l’accès à la nouvelle con­struction.

Par ailleurs, on peut penser que les coopératives de transport urbain existantes desservant cet itinéraire ne manqueront pas de renforcer leur parc quand ils verront l’importance de la demande. De même, il est fort possible que d’autres nouvelles lignes pourront être mises en place. C’est la loi de l’offre et de la demande.

Il faut également sa­voir que le transport fer­roviaire sera mis en con­tribution. Ainsi, même la fréquence du train urbain va être renforcée. Ce qui sera plus pratique pour les voyageurs se déplaçant avec des bagages plus conséquents. Ce qui n’était pas possible avec les taxi-be.

Les responsables des transports à Madagascar avaient déjà essayé de déloger les transporteurs de la gare routière de Fasan’ny Karana. Mais ces derniers ont refusé malgré tous les défauts qu’elle présente : Insa­lubrité, anarchie, danger avec les nombreux pickpockets, détrousseurs et voleurs à la tire qui fréquentent le lieu, … .

Cette fois-ci, les au­torités semblent plus inflexibles. Ainsi, passé ce délai de 15 jours, seuls ceux opérant à Amoro­na­­kona seront considérés comme étant des transporteurs en règle. Quant à tous les autres, ils seront tenus comme exerçant une activité clandestine, donc passibles de sanctions.

Après ce délai de 15, on verra si les autorités sont déterminées à aller jusqu’au bout de leur décision. Tout dépendra aussi de la réaction des voyageurs. D’un autre côté, on verra bien ce qu’en décideront les transporteurs. Faut-il s’attendre à un bras de fer ?

Ranaivo Lala Honoré

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