Nono en concert à Antananarivo: « Je partagerai la scène avec des talents émergents »

De retour au bercail pour un court séjour, Nono, de son vrai nom Roland Rakotondrainibe, s’apprête à renouer avec son public. Le chanteur et saxophoniste, qui a bercé plusieurs générations depuis les années 70 avec ses chansons sincères et empreintes d’émotion, donnera deux concerts ce dimanche à 15 heures au CCEsca Antanimena, puis le 11 septembre à 19 heures à l’Auditorium Havoria Anosy. Interview

*Les Nouvelles: Pour commencer, parlez-nous de ces spectacles?

– Nono: Des fans m’ont souvent écrit pour me de­mander : « Quand est-ce qu’il y aura un show ? » C’est d’ailleurs la principale raison d’être de ces concerts, répondre à cette attente et retrouver mon public après la dernière date en 2015. Le projet s’est concrétisé avec
la complicité d’Event Art Culture, qui assure l’organisation. En ce qui concerne les deux dates, tout dépendra du public, de la manière dont il communiquera avec moi, de ce qu’il me donnera et de ce que je pourrai lui donner en retour. Je fonctionne beaucoup à l’émotion. Les chansons ne seront donc pas interprétées de la même manière d’un concert à l’autre.

*Que pouvez-vous nous dire sur le line-up ?

– J’ai choisi de m’entourer de jeunes talents très sympathiques, que j’ai minutieusement sélectionnés. J’ai toujours tenu à leur donner une place dans mes spectacles. J’ai moi-même été jeune et je comprends les difficultés auxquelles la jeunesse peut être confrontée. J’ai envie de leur ouvrir une porte, parce qu’à notre époque, nous n’avions pas forcément ce genre d’opportunités. Sur scène, il y aura cinq musiciens, un bassiste, un guitariste, deux claviéristes et un batteur. Des artistes invités viendront également interpréter mes propres chansons.

*Travaillez-vous sur de nouvelles compositions ?

– Je fais de la musique tous les jours, sans arrêt. Pour moi, c’est comme le saxophone, lorsqu’on ne joue pas régulièrement, il y a des failles. C’est la même chose pour le chant et la composition. Je continue donc à créer en permanence. En parallèle, je suis actuellement en train de finaliser mon prochain album. Mon souci, aujourd’hui, concerne surtout les personnes qui tirent profit de mes œuvres derrière mon dos. Il y a le piratage, mais aussi l’intelligence artificielle, qui est une véritable catastrophe partout.

*Y a-t-il des anecdotes particulières derrière certaines de vos chansons ?

– Je parle avant tout de la vie que vit un être humain, le cycle de la vie, les relations humaines, la religion… « Hoy Anao », par exemple, est une chanson d’amour entre deux entités, mari et une femme, dirigeant et peuple. Quant à « Soga Kely », son histoire est particulière. Georges Andriamanantena, plus connu sous le pseudonyme de Rado, m’avait proposé de publier le texte dans les colonnes du Gazety Hehy.

*Quelle place accordez-vous à la transmission dans votre parcours ?

– La transmission est également une passion pour moi. J’ai enseigné les mathématiques pendant quinze ans, notamment au Lycée technique d’Ampefiloha, puis à Taolagnaro, Alarobia et Ampasampito. J’ai aussi appris la musique avant d’enseigner dans des écoles de musique en France. Mais, au bout de dix ans d’enseignement, je n’avais encore jamais rencontré de Mal­gache parmi mes élèves. J’ai alors décidé de créer un atelier dans mon propre appartement afin de former de jeunes musiciens. Pour moi, transmettre est une manière de partager ce que l’on a appris, mais aussi de donner aux jeunes les opportunités que notre génération n’a pas toujours eues.

Recueillis par Joachin Michaël

 

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