La cour criminelle ordinaire d’Anosy (CCO) a condamné hier le général Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, à 10 ans de travaux forcés. Cette décision intervient à l’issue des poursuites engagées par le ministère public pour “complicité de meurtre et de coups et blessures volontaires (CBV)”, en lien avec les manifestations de septembre 2025. Une troisième accusation, portant sur des faits de menace, n’a pas été retenue en raison de la prescription. Lazatiana Razafimamonjy, avocat de l’accusé, a annoncé son intention d’exercer un recours.
Longtemps attendu, le procès intenté contre le général Richard Ravalomanana s’est déroulé, hier, au Palais de justice d’ Anosy.L’audience s’est ouverte vers 10 heures et a duré près de quatre heures. Les débats ont porté sur les trois chefs d’accusation examinés dans le cadre de cette procédure. Le verdict a été rendu environ une heure après la fin des débats.
Selon les éléments présentés par le ministère public, les deux principaux chefs d’accusation sont liés aux événements survenus lors des manifestations de septembre 2025. Richard Ravalomanana était notamment poursuivi pour «avoir donné des instructions ou encouragé les forces de l’ordre à faire usage de la force contre les manifestants».
A la barre, l’ancien président du Sénat a contesté ces accusations. Il a expliqué qu’ « au moment des faits, il occupait déjà la présidence du Sénat et n’exerçait plus de responsabilité dans la conduite des forces de sécurité».
Une troisième accusation concernait des faits de menace, à la suite d’une plainte déposée par Jean Walker Andriakotomalala, ancien directeur de projet et du patrimoine au sein de la Sirama. Les faits évoqués remontent au mois de mai 2019 à Brickaville. Cette partie de la procédure n’a pas été retenue par la juridiction, l’action étant prescrite.
Par ailleurs, plusieurs témoins avaient été cités dans le cadre du procès. Du côté de la défense, l’ancien commandant de la Gendarmerie nationale, le général Jean Herbert Rakotomalala, n’a pas comparu malgré sa citation. L’ancien directeur général de la Police nationale, Dany Marius Rakotozanany, a, pour sa part, été entendu en raison des responsabilités qu’il exerçait au sein de l’OMC au moment des manifestations. Il a déclaré devant la juridiction qu’aucun ordre n’avait été donné par Richard Ravalomanana dans le cadre de ces événements.
Du côté des plaignants, trois influenceurs, Mbalait, SoaValihy et Fitiavana Michael, cités comme témoins et présentés comme ayant été victimes de violences lors des manifestations de 2025, n’ont pas comparu. Leur absence n’a toutefois pas empêché la poursuite de l’audience. Quelques autres personnes se présentant comme victimes des violences étaient présentes au Palais de justice.
Après le prononcé du verdict, Lazatiana Razafimamonjy a annoncé que la défense allait exercer une voie de recours. « Nous avons pris acte de la décision du tribunal, mais la loi prévoit des voies de recours et nous allons former un pourvoi », a déclaré l’avocat. Le délai prévu pour engager cette procédure est de trois jours.
L’épouse et les enfants de Richard Ravalomanana étaient également présents au Palais de justice d’Anosy lors de l’audience.
Pour rappel, Richard Ravalomanana avait été démis de ses fonctions de président du Sénat par le Bureau permanent de cette institution le 12 octobre 2025. Il avait ensuite été interpellé à son domicile à Ambatovinaky le 27 décembre 2025, avant d’être placé en détention provisoire à la maison centrale d’Imerintsiatosika le 19 janvier.
S.A.




