« Passerelle » : quand la peinture relie les générations

« Et si la peinture devenait une passerelle entre les générations ? » Telle est la phrase d’ouverture lancée par l’Institut français de Madagascar (IFM) pour présenter l’exposition « Passerelle », qui se tient à partir de ce jour jusqu’au 10 octobre. Sous le commissariat d’Hemerson Andrianetrazafy, l’événement propose un regard croisé entre deux artistes de générations et d’univers différents : Richianny Ratovo et Edouard Rajaona.

«Passerelle » évoque à la fois un pont, un passage, un lien de transition ou de connexion entre deux espaces. Ici, le terme symbolise la rencontre entre deux sensibilités artistiques. Malgré leurs styles et leurs parcours différents, les deux créateurs partagent une même passion pour l’art. Artiste plasticien, en­seig­nant-formateur et historien de l’art, Hemerson An­drianetrazafy a ainsi choisi de réunir ces deux générations et de faire dialoguer leurs œuvres.
Cette exposition s’inscrit pleinement dans le thème annuel de l’IFM, « De mémoire et d’avenir ». Ces deux temporalités se rencontrent à travers les œuvres, comme un dialogue entre l’héritage d’un artiste reconnu et le regard d’une génération émergente.

« De mémoire et d’avenir »

« De mémoire », avec Edouard Rajaona, décédé au début de l’année, après une carrière de près de cinquante ans consacrés à l’art. Figure marquante de la peinture malgache, il a célébré ses 50 ans de carrière lors d’une exposition monumentale à l’Alliance française d’Anta­nanarivo en 2024. Grand maître de l’impressionnisme, il s’est notamment illustré dans la représentation de sujets classiques, comme les scènes de la vie rurale et les paysages. Également sculpteur, Edouard Rajaona travaillait principalement le palissandre et le granite. Son talent et son savoir-faire ont été récompensés à plusieurs reprises, notamment par le premier prix du concours de chars fleuris en 1950 et celui du concours de sculpture du Centre culturel Albert Camus de Tananarive en 1997.
De son côté, Richianny Ratovo incarne l’avenir de la création contemporaine malgache. Plasticienne pluridisciplinaire, elle est lauréate du Prix Paritana en 2021, une distinction qui récompense chaque année trois artistes malgaches et leur offre un accompagnement ainsi qu’une résidence de trois mois à la Cité internationale des arts à Paris. En 2023, elle décroche également la médaille d’or en peinture aux Jeux de la Francophonie à Kinshasa. Elle y a été récompensée pour ses œuvres « Hay Ny Tsiky Manaloka » qui explore le thème de la solitude, et « Fitaratra, Tantarao Ahy ». En 2025, elle représente Madagascar à la 36e Bien­nale de Sao Paulo.
« Rien ne semble prédisposer ces deux artistes à se retrouver sur une même plateforme. (…) », déclare Hemerson Andrianetrazafy. Pourtant, c’est justement dans leurs différences que réside l’intérêt de « Passerelle ». « En termes de sensibilité, l’un aime évoluer dans le monde de la structure », explique Hemer­son Andrianetrazafy, tandis que Richianny Ratovo développe un univers aux multiples facettes. Deux artistes, deux générations, deux univers qui se rencontrent et se répondent à travers la peinture.

Holy Danielle

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