Une nouvelle polémique sur les discours de haine dans le football espagnol a éclaté mercredi autour du stade Santiago-Bernabéu. Des chants attribués à un groupe de jeunes supporters du Real Madrid, proférés avant la rencontre face à l’Inter Milan, ont provoqué une réaction ferme de la Fédération des communautés juives d’Espagne (FCJE).
Dans une lettre adressée à Rafael Louzán Abal, président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), le président de la FCJE, David Obadía Chocrón, exprime sa «profonde préoccupation» et son «ferme rejet» de ces comportements. Selon le document, plusieurs slogans auraient notamment visé les personnes juives et musulmanes. Parmi les expressions citées figurent «Juif que je vois, Juif que je piétine» et «L’Espagne est chrétienne et non musulmane».
La FCJE qualifie ces propos de «gravité exceptionnelle». Elle estime que le premier slogan constitue une expression ouvertement antisémite susceptible d’inciter à la violence contre les personnes juives, tandis que le second véhicule un message d’exclusion à l’encontre des citoyens musulmans espagnols.
Tout en soulignant que ces actes ne représentent pas l’ensemble des supporters du Real Madrid, la Fédération des communautés juives d’Espagne appelle les instances sportives à une réponse «claire et ferme». Elle demande à la RFEF d’user de son influence pour que les clubs prennent des mesures résolues contre ce type de comportement et œuvrent à prévenir leur répétition dans les enceintes et aux abords des stades.
La FCJE se dit par ailleurs disposée à collaborer à toute initiative visant à lutter contre l’antisémitisme, l’islamophobie et, plus largement, toutes les formes d’intolérance dans le sport.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les questions liées aux discours de haine et aux comportements discriminatoires dans les stades espagnols font l’objet d’une attention croissante, à l’approche de grands rendez-vous internationaux. Les autorités sportives n’avaient pas encore réagi publiquement dans les heures suivant l’envoi de la lettre.
Naisa




