Fasan’ny Karàna: les grévistes passent à la vitesse supérieure

Sans même attendre l’échéance de ce jour fixée par le ministère des Transports, les grévistes de la gare routière de Fasan’ny Karàna ont décidé de passer à la vitesse supérieure hier, réaffirmant leur intention de maintenir leur occupation des lieux.

Chargés de grévistes jusqu’à leurs galeries, plus d’une vingtaine de taxis-brousses ont quitté la gare routière vers 10 heures pour rejoindre la route nationale 7 (RN7). Composés essentiellement de transporteurs, marchands, courtiers et dockers, les manifestants ont abattu des arbres, ramassé des pierres, brûlé des pneus et brandi des banderoles au niveau d’Ambatofotsy afin de bloquer la circulation dans les deux sens, provoquant d’immenses embouteillages. Les forces de l’ordre sont intervenues sur les lieux peu avant midi afin de rétablir le trafic. Après l’échec des pourparlers, la situation a dégénéré en affrontements, marqués par des jets de projectiles et des tirs de gaz lacrymogène.
De sources concordantes, le bilan fait état d’un mort et de seize arrestations parmi les manifestants. Ces derniers ont été immédiatement conduits à la Brigade criminelle d’Anosy pour enquête. Blessé à la nuque, un habitant d’Ambatofotsy âgé d’une trentaine d’années, retrouvé inconscient près d’un barrage, a été évacué d’urgence vers le CHU-HJRA d’Ampe­fi­loha par la FIP avant de succomber à ses blessures pendant son transfert.
La circulation a repris son cours normal vers 13 heures, avant que des tensions ne réapparaissent à Ampangabe vers 16 heures, pour finalement se dissiper à la tombée de la nuit.

Le ministère maintient sa position
Le ministre des Trans­ports et de la météorologie, Herizo Andrianavalona, a confirmé hier depuis la gare routière d’Amoronakona que le transfert des coopératives et transporteurs de Fasan’ny Karàna vers ce nouveau site reste effectif dès ce jour.
« Nous sommes dans un Etat de droit et l’anarchie ne sera pas tolérée. Le non-respect de la loi ne saurait être admis », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, il a convoqué les maires d’Alasora, d’Ambohimangakely et d’Ambohimanambola afin d’anticiper les dérives observées à Fasan’ny Karàna, no­tamment le commerce informel, la prolifération de débits de boissons en bois, de maisons de passage et de salles de jeux aux abords de la nouvelle infrastructure. «Le ministère n’a pas délogé les marchands de Fasan’ny Karàna. Ils sont autorisés à y poursuivre leurs activités, sous réserve des dispositions convenues avec les propriétaires des lieux. Toute­fois, tous les véhicules de transport de passagers doivent impérativement rejoindre Amoronakona», a-t-il conclu.

Sera R.

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