Agro-industrie: Madagascar doit transformer ses produits agricoles

Madagascar transforme trop peu ses produits agricoles. Faute d’industries agroalimentaires solides, le secteur crée peu de valeur ajoutée. Jonah Andrianantoanina, membre fondateur du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem), qui analyse l’économie agricole, réclame donc une politique de développement « audacieuse ». « Le secteur agricole ne génère pas assez de valeur ajoutée, faute de transformation et d’industrialisation », déplore-t-il. Ainsi, les matières premières n’atteignent jamais le stade du produit commercialisé.
Selon lui, ce retard découle d’abord d’une structuration insuffisante des filières. Pro­ducteurs et produits sont dispersés, et la qualité varie d’un lot à l’autre. De plus, les marchés manquent de stabilité. « L’agriculture n’est reliée ni à une industrie, ni à un marché plus prometteur », constate-t-il. Elle reste donc cantonnée à la consommation des ménages et au marché local.
La coordination entre les acteurs de la chaîne de valeur pose aussi problème. Pourtant, elle doit relier efficacement l’agriculture à l’industrie.

Investissements
Pour inverser la tendance, l’intervenant plaide d’abord pour des projets structurants de grande envergure. « Il faut rapprocher le secteur agricole du secteur industriel et favoriser la transformation des produits », martèle-t-il. Dès lors, l’industrie, l’agriculture et l’élevage pourront se développer ensemble.
Reste toutefois un enjeu de taille : l’investissement. « Les entreprises doivent avoir la capacité d’investir à Madagascar », insiste Jonah Andrianantoanina. Il réclame, à cet effet, un environnement fiscal incitatif, stable et attractif. Cet outil encourage en effet l’investissement privé. Il favorise aussi l’implantation et la croissance des entreprises agroalimentaires.
L’État a, enfin, un rôle à jouer. « L’action publique doit créer un environnement favorable », affirme-t-il. Producteurs, transformateurs et investisseurs pourront alors nouer des relations durables.
Il s’agit donc de bâtir une véritable industrie agroalimentaire malgache. Celle-ci valoriserait les récoltes, ouvrirait de nouveaux marchés et renforcerait l’économie du pays.

Arh.

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