Le volume de financement des projets d’investissement public dépasse largement l’enveloppe disponible. Réuni mercredi à Ambohijanaka, le gouvernement a dû examiner ses priorités dans un contexte de fortes contraintes financières. Un arbitrage s’impose.
Le gouvernement est confronté à une équation budgétaire particulièrement délicate pour l’année 2027. Il a examiné pas moins de 724 projets d’investissement public, représentant des demandes de financement à hauteur de 28.680 milliards d’ariary, alors que l’État ne dispose que de 1.000 milliards d’ariary.
Sous la houlette du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, cette réunion du gouvernement a permis d’examiner les propositions des différents départements ministériels ainsi que les orientations économiques et budgétaires présentées par le ministère de l’Economie et des finances (Mef), en vue de la préparation du projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027.
L’énergie, les infrastructures, les routes et le développement local figurent parmi les secteurs prioritaires. L’objectif est de concentrer les ressources publiques sur les investissements susceptibles de produire des résultats concrets pour la population.
Des ambitions sous contraintes
Cet arbitrage budgétaire est d’autant plus crucial que ce déséquilibre n’entame en rien les ambitions du gouvernement. Pour rappel, la croissance du produit intérieur brut, estimée à 4,1 % en 2026, devrait atteindre 5,1 % en 2027, selon les prévisions du MEF.
Sur le plan budgétaire, le ministère prévoit des recettes fiscales de 6 721,6 milliards d’ariary, tandis que l’ensemble des recettes et aides devrait atteindre 16 543,7 milliards d’ariary. En outre, les dépenses publiques prévisionnelles s’élèvent à 20 825,6 milliards d’ariary. L’écart entre les recettes globales et les dépenses prévues atteint ainsi 4 281,9 milliards d’ariary.
Face à ces défis, les discussions ont porté sur l’amélioration du recouvrement des recettes, la lutte contre la fraude et la corruption, ainsi que la maîtrise des dépenses publiques. La protection du pouvoir d’achat des ménages figure également parmi les préoccupations exprimées.
Les contraintes budgétaires touchent aussi la gestion des effectifs de l’administration. Les différents ministères formulent des demandes pour 39.397 postes, dont 17.885 prioritaires. Le secteur de l’Éducation nationale représente à lui seul un besoin de 9.000 agents. Par ailleurs, la question de la masse salariale, tout comme celle des pensions de retraite, a également été abordée.
Dans le domaine agricole, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a insisté sur la facilitation de l’accès des producteurs aux semences de riz hybride et aux engrais de qualité. Le gouvernement vise un rendement de quatre tonnes de riz par hectare en 2027. Il a aussi évoqué l’amélioration de la répartition des ressources en faveur des collectivités territoriales décentralisées.
Au terme de cette réunion, l’Exécutif a réaffirmé sa volonté de privilégier les dépenses produisant des effets tangibles sur les conditions de vie de la population, tout en renforçant la transparence et la coordination entre les ministères.
Tivo Rasam





