Une exigence des citoyens

Alors que la Refondation veut engager des changements profonds dans la conduite des affaires publiques, les députés se retrouvent à Tsimbazaza avec une responsabilité qui dépasse le simple examen des projets de loi. Il leur appartient aussi d’entretenir le débat et de défendre les intérêts des citoyens.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, a insisté sur l’importance du projet de loi de finances 2027 par rapport aux ambitions du gouvernement. Il a également évoqué la nécessité de remplacer les responsables administratifs jugés inefficaces. Un discours qui rejoint les préoccupations des observateurs.
Mais le rôle des députés ne se limite pas à relayer les orientations de l’exécutif. Dans cette période de transition où l’Exécutif bénéficie d’une totale immunité constitutionnelle, les députés ont tout de même vocation à exercer leur capacité d’examen, de questionnement et de contrôle. La proximité politique avec le gouvernement, comme c’est le cas actuellement, ne devrait pas leur dispenser de cette exigence.
Lors de l’arbitrage budgétaire, le gouvernement affirme avoir examiné pas moins de 724 projets d’investissement public, ce qui représente des demandes de financement de 28.680 milliards d’ariary, alors qu’il ne dispose que de 1.000 milliards d’ariary. Il doit donc faire un choix, mais qu’en pensent les locataires de Tsimbazaza ?
Les députés disposent, avant le vote du budget, d’un levier important pour demander des comptes au gouvernement, examiner la pertinence des dépenses et veiller à une répartition équitable des moyens entre les territoires.
On attend d’eux également le suivi des réformes annoncées par l’Exécutif, les engagements de lutte contre la corruption, de modernisation administrative et de préparation des prochaines élections. Les auditions des ministres et les travaux des commissions devront permettre de confronter les annonces du gouvernement aux réalités de leur application. C’est le minimum syndical que les Malgaches exigent de députés…

Tivo Rasam

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