Virage juridique !

Un an après la chute de Andry Rajoelina, les tactiques judiciaires pour trainer devant la justice l’ancien président, sont déployées. Normalement et conformément à la Cons­titu­tion, la seule haute juridiction habilitée à juger un ancien chef d’Etat, est la Haute cour de justice (HCJ). Mais cette fois encore, cette dernière est de nouveau mise à l’écart, sans avoir son mot à dire.
Tout le monde sait que depuis sa mise en place en 2018, la HCJ n’a mis au banc des accusés, aucun des anciens responsables étatiques suspectés dans des affaires de détournements des deniers publics, de malversation…. Alors qu’elle a déjà traité une dizaine de dossiers de mise en accusation déjà transmis à l’Assemblée nationale dont les procédures n’ont jamais abouti, selon le bon vouloir des députés, avec leurs manœu­vres dilatoires.
Et ce n’est pas durant le régime actuel que la HCJ trouve sa raison d’être et que les élus de Madagascar allaient changer la donne, malgré le fait que la plupart d’entre eux qui ont abandonné la couleur orange pour de vert, se rangent désormais du côté de la République de la Refondation.
Certes, ils ont tourné leur veste, changé de ton et de discours, mais aller jusqu’à valider la mise en accusation de Andry Rajoelina devant la HCJ, ne semble pas faire l’unanimité auprès des anciens députés Mapar. C’est un acte de trahison qu’ils refusent de participer contrairement aux attentes des détracteurs de l’ancien président croyant que cet acte juridique allait enfin passer comme une lettre à la poste à Tsim­bazaza.
C’est pourquoi, le dossier de mise en accusation de l’ancien président, Andry Rajoelina, devant la Haute cour de justice (HCJ), n’est pas inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, au cours de cette deuxième session ordinaire, loin des annonces faites par la Justice au mois de juin, indiquant que la procédure de mise en accusation de l’ancien chef d’Etat, a été en cours d’examen au sein de la commission compétente de l’Assemblée nationale. Du coup, sous pression, le Pôle anticorruption (Pac) a saisi la Haute cour constitutionnelle (HCC), pour savoir s’il est compétent à juger Andry Rajoelinaa, pour des faits de corruption et infractions assimilées. Et sans surprise, il est justiciable devant le Pac. Virage juridique !

J.R

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