Les larmes de la demi-finale avaient laissé un goût d’inachevé. Battues par le Kenya aux portes de la finale, les Makis Girls (U18) auraient pu accuser le coup. Mais les protégées du tandem Dina Manandraibe et Hadji Stanislas Samby ont choisi une autre voie, celle du caractère et de l’orgueil. Hier, à Dakar, elles ont écrit en lettres capitales l’une des plus belles pages du sport malgache en offrant à Madagascar sa toute première médaille olympique grâce à une victoire éclatante contre la Tchéquie (26-10) lors de la finale pour la troisième place des Jeux olympiques de la Jeunesse.
Sur la pelouse sénégalaise, les Makis ont sorti les crocs dès l’entame. Dans un rugby à VII où chaque possession peut faire basculer une rencontre, les Malgaches ont immédiatement mis la main sur le ballon et imposé leur tempo. Après seulement deux minutes de jeu, Soa Landy trouvait la faille pour inscrire le premier essai de la partie. Derrière, la botte de Sariaka Raveloarisoa ajoutait deux points précieux et donnait le ton d’un après-midi qui allait rapidement tourner à l’avantage des Rouge, Blanc et Vert.
La réaction tchèque ne tardait pas, Eliska Cerna réduisant l’écart après un essai opportuniste. Mais les Makis Girls avaient déjà enclenché la vitesse supérieure. Portées par une défense agressive sur les zones de contact et une circulation de balle fluide dans les extérieurs, elles remettaient immédiatement la pression. Juste avant la pause, l’inévitable Sariaka Raveloarisoa perçait le rideau défensif adverse pour aller aplatir entre les perches avant de transformer elle-même son essai. À la mi-temps, Madagascar virait en tête 14 à 5 et tenait fermement les rênes du match.
Sur leur lancée
Au retour des vestiaires, la Tchéquie espérait encore recoller au score. Mais les Makis avaient décidé de fermer définitivement la porte. Trente-six secondes après la reprise, Sariaka Raveloarisoa réalisait un nouveau numéro pour signer son troisième essai personnel. La machine malgache continuait de dérouler son rugby de mouvement. Dans le sillage de sa capitaine Tracy Fitiavananomenjanahary, l’équipe gagnait tous les duels décisifs et monopolisait les espaces. Puis venait l’estocade lorsque Princia Ranaivoson franchissait à son tour l’en-but tchèque pour porter la marque à 24-5. Une nouvelle transformation de Sariaka Raveloarisoa scellait pratiquement le sort de la rencontre.
La réduction du score de Roza Bednarova dans les derniers instants n’allait rien changer. Malgré un carton jaune concédé par Melissah Razafindravelo en fin de partie, Madagascar gardait la tête froide et maîtrisait les débats jusqu’au coup de sifflet final. Score final : 26 à 10. Une victoire nette, propre et sans contestation.
Les individualités se démarquent
Au cœur de cette démonstration, Sariaka Raveloarisoa a livré une prestation de très haut niveau. Trois essais, deux transformations et une influence permanente dans le jeu. La numéro 12 a été le véritable détonateur offensif des Makis, celle qui a constamment mis la défense tchèque sur le reculoir. Une performance de femme du match qui restera gravée dans les mémoires.
Cette médaille de bronze a d’autant plus de valeur qu’elle intervient après la demi-finale frustrante face au Kenya. Les Makis avaient vu leur rêve de finale s’échapper après une défaite 15 à 5 contre une formation kenyane réaliste. Mais loin de sombrer, elles ont relevé la tête avec l’état d’esprit des grandes équipes. Elles ont su gagner le match de la rédemption, celui qui révèle la véritable force d’un collectif.
À Dakar, les Makis Ladies Seven n’ont pas seulement remporté une médaille. Elles ont franchi un cap symbolique pour tout le rugby malgache et, au-delà, pour l’ensemble du sport de la Grande île. Dans le langage des terrains, elles ont laissé leur empreinte dans l’en-but de l’histoire. Une médaille de bronze qui a la couleur de l’or pour tout un peuple.
Naisa





