L’affaire avait suscité une vive émotion et soulevé de nombreuses interrogations. Près d’un an et demi après la découverte du corps de Tsirava Amboara Raïssa Andrianirina, dite Raïssa, une fillette de 8 ans, retrouvée sans vie en mai 2025 à Antohomadinika, dans le premier arrondissement de la capitale (IVO), le verdict est tombé hier. Jugée devant la cour criminelle du Tribunal de première instance d’Anosy, Mama Holy, la grand-mère paternelle de la victime, a été reconnue coupable et condamnée aux travaux forcés à perpétuité pour sa participation au meurtre de sa petite-fille.
À l’issue du procès, le tribunal a ainsi prononcé la peine maximale à l’encontre de cette septuagénaire, reconnue coupable d’avoir assisté au meurtre de l’enfant. Pourtant, les véritables auteurs du crime n’ont toujours pas été identifiés, près d’un an et demi après les faits. Selon les explications de l’avocate, les investigations se sont poursuivies sans interruption durant toute cette période, sans toutefois permettre de retrouver leur trace.
Les rares éléments recueillis au sujet des deux individus soupçonnés d’avoir commis le meurtre indiquent qu’ils auraient été hébergés par Mama Holy pendant près d’un mois, avant la disparition de Raïssa. Les versions avancées par la grand-mère sur leur identité auraient d’ailleurs considérablement varié au fil des interrogatoires. « Au début, elle avait indiqué qu’il s’agissait de connaissances, puis de membres éloignés de la famille et, par la suite, de vendeurs ambulants. Bref, des explications qui visaient manifestement à brouiller les pistes. Toujours est-il que les investigations n’ont jamais permis de retrouver ces individus. En revanche, la septuagénaire savait pertinemment que le corps de Raïssa allait être jeté dans une fosse située devant la maison familiale, que la vieille dame avait elle-même nettoyée quelques jours avant le drame », rapporte-t-on.
Dix ans de prison pour un cousin
Au total, sept personnes ont comparu hier devant la cour criminelle d’Anosy dans le cadre de cette affaire. Outre Mama Holy, trois femmes et trois hommes, dont deux mineurs, ont été entendus. Parmi ces derniers figuraient un cousin de Raïssa et un garçon qui vivait avec la grand-mère. À
l’issue des débats, les trois femmes, l’homme et le jeune garçon ont été acquittés au bénéfice du doute. En revanche, Sarobidy, un cousin de la victime âgé de 17 ans, a écopé de dix ans de prison ferme.
Selon les éléments évoqués au procès, c’est lui qui aurait déposé une lettre sur la fenêtre de la maison familiale, peu après la disparition de la fillette. Le message, particulièrement menaçant, était sans équivoque : « La vengeance est terminée, mais nous enlèverons encore la vie à deux d’entre vous. » Cette lettre avait également indiqué l’endroit où le corps de Raïssa avait été dissimulé.
Malgré ce verdict, une question essentielle demeure sans réponse : quel était le véritable mobile de cet assassinat ? Aucune explication définitive n’a été apportée sur les raisons qui ont conduit à la mort de la fillette. L’an passé, des informations avaient notamment circulé, faisant état d’un possible sacrifice humain destiné à favoriser
l’exploitation de pierres précieuses. Une piste qui, à ce stade, n’a toutefois pas été établie judiciairement.
Pour rappel, Raïssa avait disparu dans l’après-midi du 10 mai 2025. Son corps avait été retrouvé le lendemain matin dans un canal d’eaux usées du quartier d’Antohomadinika. La lettre, découverte sur le rebord d’une fenêtre du domicile familial, avait permis d’orienter les recherches vers le lieu où le corps avait été abandonné.
Profondément éprouvée par cette tragédie, la famille de Raïssa avait finalement décidé de déménager après le drame. Jusqu’à présent, ses proches peinent à comprendre les véritables raisons qui ont conduit à la mort de l’enfant. Un dossier qui, malgré ce verdict, laisse encore de nombreuses zones d’ombre.
ATs.





