Andry Rajoelina : « Il ne peut y avoir de développement sans apaisement »

La réquisition de l’Organe mixe de conception (OMC) pour mettre fin aux manifestations contre le délestage et la pénurie d’eau, de nature à troubler l’ordre public, a été justifiée, à entendre les propos du président de la République, Andry Rajoelina, hier soir sur la TVM. Des individus ont tenté de semer le chaos dans le pays.

Selon Andry Rajoelina, des groupes de personnes souhaiteraient créer le désordre dans la capitale en profitant des mouvements passifs de la population, contre le délestage et la pénurie d’eau. Depuis quel­ques temps, des casses et des blessés ont été recensés.
Conscient des difficultés rencontrées par la population, le président rassure et appelle à un effort collectif car «il n’y a aucun intérêt à fomenter des troubles et il ne peut y avoir de développement sans apaisement». C’est en ces termes que s’est exprimé le président Andry Rajoelina, à propos des événements de la semaine passée, où des individus ont fait tout pour mettre de l’huile sur le feu, mais en vain.
«Nous avons appris la semaine passée que des groupes de personnes ont été payés pour brutaliser les manifestants», a déploré le chef de l’Etat.
Dans la foulée, le chef de l’Etat n’a pas manqué de soulever que certaines personnes croisent les doigts pour que le délestage perdure, alors que des ordres clairs ont déjà été donnés au sein de la Jirama. «Non-respect des consignes, retard des réalisations et des prises de décisions, Il y a nécessité d’améliorer la méthode de travail. Qui en est responsable ?», s’est-il demandé.
Entre autres, le président a cité le défaut de recours aux pluies artificielles malgré les recommandations, le retard dans l’installation des nouveaux groupes de la Jirama déjà à Toamasina, ou encore le défaut d’approvisionnement en carburant en date du 1er et 2 novembre, après l’annonce du chef de l’Etat de l’arrêt des délestages de 6h à 22h.
«Cela a-t-il été fait ex­près ? Je me demande si quelqu’un ne se réjouirait pas de cette situation», s’est-il une fois de plus interrogé.

Barrages et stations de pompage
Malgré cela, Andry Ra­joelina apporte des solutions à court et moyen terme. Pour faire taire les critiques, il a avant tout rectifié les propos de certains selon lesquels il amputerait le budget de l’Education pour alimenter la Jirama. «Un effort collectif est requis dans le redressement de la Jirama. Le budget de chaque institution est mobilisé et celui de l’Edu­cation sera certainement le moins concerné», a-t-il précisé.
A cause de la vétusté des infrastructures de la Jirama, les mêmes problèmes pourraient survenir dès l’année prochaine. Pour anticiper cela, le président prévoit déjà la construction de barrages et de nouvelles stations de pompage aux alentours de la capitale dont 50.000m3 à Amoron’An­kona, 4.800m3 à Faralaza, et 30.000m3 à Ambohijanaka. La construction du barrage de Ranomafana devrait aussi débuter dans quelques semaines pour une période de 3 ans, avec une capacité de 63 MW, soit les 25% des besoins de la capitale.
Par ailleurs, des parcs solaires d’une totalité de 250 MW seront également installés dans tout le pays dont un parc flottant dans la capitale. A tout cela s’ajoute l’expansion de la pipeline qui s’étend sur 64 km dans la capitale, toujours dans le but d’améliorer les services de la Jirama.

T.N

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