Le collectif national des employés de la Jirama, le « Tambaben’ny Mpiasa Jirama » (Tambabe),
s’oppose catégoriquement au nouveau statut de la compagnie. Il brandit même la menace d’une grève.
Réuni hier à Mandroseza, le collectif conteste la transformation de l’entreprise publique en société anonyme à caractère commercial. Pour ces employés, la Jirama doit rester un établissement 100 % étatique. A ce sujet, le porte-parole du collectif, Anmora Ratovomanarivo, interpelle directement le président de la République, Andry Rajoelina. Il réclame un dialogue plus ouvert sans intermédiaire.
Selon lui, cette concertation est la seule voie pour « sauver la Jirama de ses dérives». Les représentants affirment qu’ils sont prêts à relancer l’entreprise tout en améliorant son service public. Ils promettent de continuer à fournir électricité et eau à la population malgache.
Le Tambabe n’écarte pas la perspective d’un mouvement d’envergure. Le collectif avertit qu’une « grève générale » pourrait toucher toutes les agences de la Jirama si leurs demandes restent sans réponse.
En réaction, la direction générale de la société précise que la réforme n’entraîne ni privatisation ni vente d’actions. « Nous tenons à souligner que, contrairement aux rumeurs, il n’existe aucune intention de privatiser l’entreprise, de licencier des employés, de violer les droits des travailleurs. De nombreux efforts sont déployés pour former une équipe de collaborateurs engagés, responsables, honnêtes et dotés d’un bon sens du service », a-t-elle assuré dans un communiqué diffusé dans la nuit du 30 juin.
Plan de redressement
Les responsables assurent que l’Etat reste l’unique propriétaire. Aucun licenciement n’est prévu. La réduction progressive des effectifs passera uniquement par les départs à la retraite. La direction prévoit aussi une réorganisation des ressources humaines. L’objectif est de renforcer les équipes techniques et d’alléger l’administratif jugé trop lourd.
Dans ce même communiqué, la Jirama a rappelé que « le gouvernement a validé son plan de redressement », visant à améliorer la qualité du service et à réduire les dépenses. La compagnie veut installer « près de 700 MW de centrales solaires avec batteries ». Ce dispositif devrait limiter la dépendance au carburant.
Ce plan prévoit également d’apurer les dettes envers les fournisseurs privés et d’augmenter les recettes. Il inclut aussi la modernisation des centrales, la réduction des pertes et la rénovation du réseau. La direction promet un encadrement basé sur la responsabilité et le service public.
En attendant, les délestages persistent. La Jirama explique que le niveau d’eau du barrage d’Andekaleka, principale source d’électricité de la capitale, baisse fortement. Du coup, la société applique des coupures tournantes à Antananarivo et dans d’autres zones.
Arh.




