Salles de projection : Clap fin pour CanalOlympia

A partir du 13 juillet, les 18 salles obscures du CanalOlympia en Afrique, y compris celle d’Iarivo, inaugurée le 19 juillet 2019, sur la route digue, fermeront définitivement leurs portes. Cette décision s’inscrit dans la stratégie globale du groupe, précise un membre du personnel de CanalOlympia Iarivo.

«Conformément à la feuille de route 2025, les 18 salles du réseau CanalOlympia ces­seront leurs activités et seront progressivement transférées à de nouveaux exploitants locaux. En l’espace de dix ans, ce réseau panafricain a œuvré sans relâche pour démocratiser l’accès au cinéma sur le continent, atteignant ainsi son objectif principal, celui de rendre le septième art accessible au plus grand nombre», confie-t-on.
Cette source indique que pour le moment, aucun repreneur potentiel ne se manifeste. « Dans ces cas, le terrain reviendra directement à ses propriétaires ».
Le 15 juin, la salle Canal Olympia de Yaoundé (Ca­me­roun) a fermé ses portes au public à la suite de la rétrocession des infrastructures à l’Université de Yaoun­dé I. Même cas pour Mandji’Ozangué(Gabon) le 29 juin, dont le local a été restitué à la Mairie de Port-Gentil.
Rappelons que le réseau CanalOlympia compte 18 salles de cinéma et spectacles implantées dans 12 pays. Chaque salle pouvant accueillir jusqu’à 300 personnes et la scène extérieure peut recevoir plusieurs milliers de personnes en plein-air.

Déclin du cinéma !
Pour les professionnels du 7e art, la fermeture d’une salle de projection quelles qu’en soient les raisons, favorise le déclin du cinéma. A noter que le long métrage multi récompensé «Disco Afrika, une histoire malgache » de Luck Razanajaona a bé­né­ficié d’une tournée dans les salles CanalOlympia en Afrique francophone dont Madagascar depuis le 15 novembre 2024.
« Dans un paysage souvent dominé par les blockbusters, les films d’art et d’essai peinent à trouver leur place en salle. En tant qu’invité à certaines de ces séances, j’ai pu constater que la majorité des salles sont souvent situées en périphérie des centres urbains, comme c’est le cas à Ando­ha­ta­penaka. Ce qui pose un véritable problème d’accessibilité », a-t-il constaté.
Et d’enchaîner que « Je me considère comme un puriste. Pour moi, rien ne remplace l’expérience d’un film vu en salle. Mais force est de constater que la réalité malgache est tout autre. Le prix des billets reste hors de portée pour une majorité de la population. Résultat, le public se tourne de plus en plus vers la vidéo à la demande et le streaming ».
Pour le cinéaste malgache, il est temps que les autorités compétentes prennent leurs responsabilités. «L’Etat doit sérieusement envisager la réouverture de salles de projection à l’échelle nationale. Des lieux déjà aménagés pour accueil­lir des spectacles pourraient aussi être réhabilités en salles de cinéma. C’est une piste concrè­te pour garantir l’accès à la culture et encourager une véritable politique de diffusion du cinéma», conclut-il.

Joachin Michaël

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