Madagascar fait partie des pays qui négocie le renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) qui offre aux exportateurs malgaches un accès préférentiel au marché américain.
Une «rencontre stratégique entre l’État et le secteur privé» s’est tenue au siège de l’Economic development board of Madagascar (EDBM), à Antaninarenina, jeudi, pour discuter des actions à mener avant le 30 septembre 2025, date d’expiration de l’Agoa. Cette réunion présidée par le ministère des Affaires étrangères à travers l’ambassadrice de Madagascar aux États-Unis, Lantosoa Rakotomalala, a rassemblé plusieurs départements ministériels (MIC, MEF), le Groupement des Entreprises de Madagascar (Gem), le Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP), des lobbyistes basés à Washington ainsi que l’EDBM.
D’après l’ambassadrice de Madagascar à Washington, « une Task Force sera mise en place. Elle coordonnera les plaidoyers auprès des décideurs américains et des pays africains également bénéficiaires de l’Agoa. Un calendrier d’actions diplomatiques et économiques, sera établi pour maintenir la visibilité de Madagascar durant toutes les phases de négociations ».
Economie d’échelle
Et dans cette perspective, le secteur privé soutient les efforts déjà entrepris, notamment la nomination de l’actuelle ambassadrice à Washington. Cette représentation jugée active et efficace, a permis de renforcer le dialogue autour de l’Agoa. «Ce programme est essentiel pour préserver la compétitivité du pays sur le marché international», a lancé le directeur exécutif du GEFP, Rindra Lova Ny Aina Andriamahefa.
De rappeler que «l’Agoa a contribué à dynamiser l’industrie, notamment le textile et l’habillement, en créant des emplois et stimulant les exportations. Sa prolongation permettrait de consolider ces acquis et d’envisager de nouvelles perspectives de croissance».
Si l’impact de la politique commerciale américaine se fait déjà sentir pour de nombreux pays, Madagascar entend défendre ses intérêts, notamment dans les secteurs déjà bien implantés. «Le textile reste le plus menacé par les nouvelles mesures», a souligné le Dr Lainkana Zafivanona Ernest, directeur général des Douanes. Pour lui, il faut « exploiter les économies d’échelle et consolider les acquis afin de ne pas pénaliser la compétitivité nationale».
Cette rencontre marque une étape importante de la négociation avec les Etats-Unis. Et la bataille pour le renouvellement de l’Agoa ne se jouera pas seulement à Washington. Elle impliquera également une mobilisation régionale, pour présenter des arguments solides, avec des résultats concrets à l’appui.
Arh.




