Ce samedi 30 août, le Moi International Sports Centre de Nairobi, véritable chaudron du football africain, vibrera au rythme de la finale du Chan 2024. Dans un duel qui sent la poudre, Madagascar, les Barea aux griffes acérées, défie le Maroc, les Lions de l’Atlas aux crocs bien aiguisés, doubles champions. Ce choc entre l’outsider insulaire et le mastodonte maghrébin promet un feu d’artifice footballistique. Alors que les Malgaches surfent sur une vague de surprises, les Marocains veulent remettre les pendules à l’heure avec un troisième sacre.
Madagascar, c’est l’équipe qui a mis le feu aux poudres dans ce tournoi. Les Barea, menés par Romuald Rakotondrabe, alias Roro, ont montré qu’ils avaient du cœur au ventre. Leur parcours, digne d’un conte de fées, les a vus renverser le Kenya, hôte de la compétition, aux tirs au but (1-1, 4-3 tab) en quarts, avant de faire mordre la poussière au Soudan en demi-finale (1-0 après prolongation, malgré un carton rouge). Ce n’est pas tous les jours qu’une nation insulaire se hisse en finale d’une compétition CAF senior, et les Malgaches ont prouvé qu’ils savent jouer des coudes. Leur force ? Une solidarité à toute épreuve. Avec 58 tacles réussis et 268 duels gagnés, ils ne lâchent rien, mettant la pression comme des diables pour couper les ailes de leurs adversaires. En attaque, Fenohasina et Toky Rakotondraibe jouent les trouble-fêtes avec leur vitesse et leur flair, tandis que Lalaina, métronome du milieu, distribue le jeu comme un chef d’orchestre. Dans les cages, Toldo, gardien au sang-froid légendaire, a déjà fait des miracles, notamment contre le Kenya. Mais les Barea ne sont pas sans failles. Leur manque d’expérience en finale pourrait leur jouer des tours, et leur attaque, un peu timide avec seulement six buts en cinq matchs, risque de se heurter à un mur marocain. Avec un banc moins garni, la fatigue pourrait aussi leur mettre des bâtons dans les roues face à une équipe plus rodée.
De l’autre côté, le Maroc, c’est la grosse artillerie. Les Lions de l’Atlas arrivent en terrain conquis, avec un pedigree qui impose le respect : doubles champions (2018, 2020) et invaincus en 16 de leurs 17 derniers matchs de Chan. Leur attaque fait des étincelles, avec neuf buts inscrits et une efficacité chirurgicale (18 % de conversion des tirs cadrés). Défensivement, les Marocains sont solides comme un roc, n’encaissant que trois buts dans le tournoi. Leur expérience des grands rendez-vous, avec sept victoires consécutives en phases éliminatoires depuis 2014, fait d’eux des ogres difficiles à faire tomber. Mais même les lions ont leurs points faibles. Des blessures en défense, les obligent à bricoler, et leur vulnérabilité aux contres rapides, exploitée par la Tanzanie, pourrait être une brèche pour les Malgaches. Sans oublier la pression : un faux pas en finale, après leur absence en 2022, serait un sacré camouflet.
Naisa




