Ne pas vendre la peau de l’ours…

Que les Barea décrochent leur premier titre de champion d’Afrique des Nations (CHAN) de football, samedi prochain, est certainement le vœu pieu de tous les Malgaches. Même ceux qui ne sont pas branchés à ce sport-roi doivent avoir le même souhait. A priori, rien n’empêche les Barea d’aller jusqu’au bout et on espère qu’ils le feront.
Gagner le titre, ce serait vraiment historique. Et il ne reste plus qu’un match pour y arriver. Mais après l’euphorie de cette victoire acquise avec panache en demi-finale, il est temps de redescendre sur terre et de penser comment aborder cet ultime défi. En effet, il s’agit d’un vrai défi car la marche est encore haute pour ravir le titre.
Il faut se mettre en tête que l’adversaire ne se laissera pas faire facilement car il nourrira les mêmes ambitions de décrocher le graal. Pro­bablement, vue la qualité de l’adversaire qui n’est certainement pas le premier venu, ce sera un autre combat au finish comme lors de la demi-finale. Donc, il faudra rester lucide pendant tout le match.
Il faut faire preuve de la même combativité sur le terrain comme en demi-finale et surtout se battre jusqu’à la fin du match quelle que soit sa durée. Au sujet de la forme des deux équipes qui vont s’affronter, en principe, aucune des deux n’est avantagée parce qu’elles ont toutes deux joué les prolongations en demi-finale.
Autrement dit, une plus grande et rapide capacité de récupération donnera un léger avantage à l’équipe qui aura cette capacité. C’est un léger avantage car il faut beaucoup compter sur le fight spirit de chacun. Et cela, c’est sur le terrain seulement qu’on pourra l’appréhender. Ce ne sera pas un match facile.
Toutefois, avec ce qu’ils ont montré lors du match précédent, on n’a rien à craindre de ce côté-là. Les joueurs Mal­gaches ont montré qu’ils en voulaient et tous espèrent qu’ils montreront le même mordant au prochain match. D’au­tant plus qu’on a constaté qu’ils forment une vraie équipe soudée et prête à se battre.
Dans un match com­me celui de samedi, il est essentiel de connaître ses propres faiblesses ainsi que celles de l’adversaire. Il en est de même des forces de chaque équipe. Il faudra, suivant le cas, les corriger ou les exploiter. Bien évidemment, le coach aura beaucoup à apporter à ce sujet.
Cette équipe des Barea a l’opportunité d’écrire une page inédite de l’histoire du football malgache, nonobstant la prime faramineuse qui les attend. Et les joueurs en sont conscients. Jus­qu’à ce que le sifflet final ne retentisse, il faut toujours qu’ils se disent qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Aimé Andrianina

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