Le moment tant attendu depuis plus de 20 ans, est arrivé, marquant le début d’une nouvelle ère dans l’histoire franco-malgache et bien plus. Retour au pays hier, des trois crânes sakalava dont celui du roi Toera décapité par les troupes coloniales françaises en 1897, lors de la bataille d’Ambiky, ancienne capitale royale du Menabe, après sa reddition, puis ramené en France comme un trophée, symbole de la domination et de la victoire.
Une page se ferme et une autre s’ouvre. Même si le colonialisme a laissé des cicatrices profondes à Madagascar et continue encore de hanter le présent. Cette restitution historique par la France des restes ancestraux malgaches, constitue une grande étape dans l’apaisement des mémoires et censée relever les traumatismes du passé. Certes la France n’a pas encore reconnu officiellement les exactions commises par les armées françaises dans la Grande île, pendant et après la lutte pour l’indépendance. Mais aux yeux des observateurs, cet acte symbolique va dans ce sens. C’est le début même d’une démarche de justice réparatrice.
Au niveau national, le retour de ces trois restes ancestraux, a une portée fortement symbolique, en l’occurrence pour l’ethnie Sakalava, aussi bien sur le plan socio-culturel que dans le respect de la tradition des cultes des ancêtres. Après 128 ans au Musée de l’Homme à Paris, le crâne du Roi Toera est de retour dans sa terre natale.
Pour les descendants du roi Toera et le peuple Sakalava, non seulement, ils peuvent faire le deuil, se projette dans l’avenir, mais également entamer le processus de transformation en relique de ce crâne, conformément aux traditions ancestrales, afin de pouvoir intégrer les cycles cérémoniaux destinés à lui rendre hommage et culte.
En un mot, cette restitution devrait aussi clore le débat d’identification de ce crâne « présumé » de celui du Roi Toera. Le processus a duré plusieurs années et à la fin, les descendants ont reconnu par voie rituelle que ce reste appartient vraiment au roi.
J.R




