Lutte contre la corruption : la Jirama sollicite l’implication des Fokontany

Faire une demande de branchement d’un compteur d’eau ou d’électricité auprès de la Jirama, devrait être un droit basique suivant une procédure simple et transparente. Mais, ce n’est pas toujours le cas car à tous les niveaux ainsi qu’au sein des Fokontany, la corruption reste monnaie courante. Et ce n’est pas Ron Weiss qui dirait le contraire, qui a annoncé la mise en place de la Structure Anti-Corruption (Stac), en collaboration avec les Fokontany.

Pour constituer un dossier de demande de bran­chement d’un comp­teur d’eau ou d’électricité, plusieurs pièces justificatives sont nécessaires, à fournir par les Fokontany. Et pour les avoir dans le plus bref délai, à l’exemple d’un certificat de résidence, certains n’hésitent pas à verser un pot de vin. D’autres al­laient même jusqu’à soudoyer des agents, concernant les titres de propriété bloqués. Parmi les cas de corruption également signalés dans les Fokon­tany, des faux agents de la Jirama réclamant de l’argent… Pire encore, certains vrais agents se livrent eux-mêmes à de telles pratique illicite.
Ces cas ont été évoqués lors de la présentation de la Structure Anti-Corruption (Stac) à Anosy, hier, en présence de 192 présidents de fokontany, du chef de la préfecture d’Antananarivo, le général Angelo Ravelona­rivo ainsi que des chefs de district, sans oublier le directeur général de la Jirama, Ron Weiss et des représentants du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco).
La Jirama tente de redorer son blason, mais la réalité est tout autre. Le directeur général, Ron Weiss, reconnait que ses propres équipes sont impliquées dans des actes de corruption. Demande d’argent en échange d’une installation électrique, des vols de carburant, des dé­tournements de fonds, autant de pratiques illicites qui minent la confiance des usagers dans le système et aggravent la situation déjà fragile de la Jirama.
Les responsables rappellent que “tout paiement doit se faire uniquement dans les caisses officielles ou via les moyens reconnus par la société”. En clair, toute somme versée en dehors de ce cadre n’est rien d’autre qu’un acte de corruption. Pourtant, ces avertissements peinent à freiner des réseaux bien installés.

La Stac

Sous la direction actuelle, 30 personnes ont été arrêtées et 50 employés licenciés pour corruption, rapporte-t-on du côté de la Jirama. Des chiffres qui témoignent de la gravité du problème. Mais derrière ces sanctions, une question persiste : combien d’autres passent encore entre les mailles du filet ?
Les fokontany, en première ligne, sont encouragés à dénoncer ces abus. Les informations transmises permettent d’ouvrir des enquêtes conjointes avec les auto­rités compétentes. Mais face aux menaces de représailles, les citoyens ont peur de dé­noncer.
La Jirama mise désormais sur la Stac, mise en place avec le soutien du Bianco. Son rôle est d’élaborer une stratégie de prévention et de répression, mobiliser emp­loyés, clients et partenaires et traquer sans relâche les fraudeurs.
Les abonnés de la Jirama attendent des résultats concrets : des branchements rapides, transparents et accessibles, sans avoir à graisser la patte de qui que ce soit. La Jirama affirme qu’elle ne tolérera plus aucun écart et invite le public à signaler tout abus au 038 83 000 83 ou via les urnes de doléances.

Arh.

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