Contexte sociopolitique : le FFKM et les évêques appellent les responsables à écouter les souffrances du peuple

Face à la situation actuelle, la Conférence épiscopale de Madagascar (Cem) et le FFKM, ont fait une déclaration d’apaisement tout en appelant la population au calme

Hier à Taolagnaro, la Conférence épiscopale de Madagascar (Cem) a exhorté les responsables politiques à écouter avec compassion les souffrances du peuple et à œuvrer pour le salut du pays. «Nous ne pouvons accepter ni les effusions de sang ni la destruction des biens, ni le fait de s’entretuer».

De leur côté, les quatre dirigeants du Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) ont également lancé un appel depuis la cathédrale d’Andohalo. Ils expriment leur solidarité avec les blessés et les personnes qui ont perdu des proches et subi des dégâts matériels important provoqués par les pillages et incendies, notamment à l’Association de distribution de la Bible (Fikamba­nana Mampiely Baiboly).
«Face aux épreuves que traverse notre nation, la situation à Antananarivo et Antsirabe révèle la gravité de notre mal-être national», soulignent les évêques.

Soulager la souffrance de la population

L’église catholique réitère ses appels à l’endroit aussi bien des autorités gouvernementales que des opposants, afin de soulager la souffrance du peuple. Les évêques invitent toutes les familles à prier pour que Dieu inspire un vrai patriotisme fondé sur l’amour fraternel. Ils adressent leurs condoléances aux victimes et encouragent au respect, à la protection mutuelle et au pardon.
«Madagascar est une île précieuse au cœur de l’océan Indien, nous devons nous aimer et préserver l’unité nationale, car si nous nous déchirons, le pays sombrera», mettent en garde les évêques. «Ravivons cet es­poir !», affirment-ils.

Appel à la paix et au dialogue

Dans son communiqué publié hier à la cathédrale d’Andohalo, le FFKM a remercié les secouristes, le personnel médical et les médias qui œuvrent en faveur de la paix et de l’information. Le conseil œcuménique appelle l’église à soutenir les victimes d’injustices, et invite vivement à mettre fin aux violences, aux destructions d’infrastructures, aux pillages, ainsi qu’aux provocations verbales et physiques, tout en privilégiant le pardon mutuel et le dialogue pour trouver des solutions durables, permettant d’instaurer la paix et accélérer le développement. Chaque citoyen doit pouvoir jouir de ses droits fondamentaux, notamment l’accès à l’électricité, à l’eau, à la sécurité, à la nourriture et à la paix.
«Maintenons la paix et apprenons à nous écouter dans le respect, guidés par la crainte de Dieu», poursuit l’appel. Chaque famille est également invitée à prier quotidiennement pour la nation. «Ceux qui ont volé doivent restituer ce qu’ils ont acquis injustement, car cela ne leur profite pas (…) Soyons solidaires et compatissants, comme Jésus face à la souffrance».

F.M

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