Une vague de libération des détenus « politiques » dont la majorité d’entre eux, ont été condamnés pour des délits de droit commun, a été observée ces derniers jours auprès des prisons d’Antananarivo. Des procédures qui ne respectent pas le cadre légal, selon le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), condamnant fermement cette mise en liberté sans être soumises à des conditions spécifiques.
Selon des sources sûres, les femmes d’affaires Claudine Razaimamonjy et Raissa Razaivola, ont été libérées dans la nuit de mardi, ainsi que Eddy Maminirina mieux connu sous l’appellation Eddy Bois de rose. Avant eux, beaucoup de détenus dits «politiques» ont déjà retrouvé la liberté. Pour le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), à travers son secrétaire général, il s’agit d’une libération qui ne respecte pas les procédures légales.
Dans un communiqué publié hier, le SMM a rappelé qu’«en vertu du Code de procédure pénale, la libération des prisonniers ne peut intervenir que dans des cas bien précis, entre autres expiration de peine, liberté provisoire, absence de charges après enquête, décision de relaxe ou d’acquittement pure et simple au bénéfice de doute, sursis, paiement d’une amende, ou grâce présidentielle».
Avant toute mise en liberté, rappelle le SMM, une vérification impérative par le Procureur de la République, s’impose, s’ensuit l’octroi ordonnance officielle. «Toute libération ne respectant pas ces procédures judiciaires, expose les détenus considérés comme des évadés», rapporte le communiqué.
A noter que l’agent pénitentiaire responsable risque jusqu’à cinq ans de prison et une suspension de travail, conformément aux articles 361 et 362 du Code pénal.
Changement structurel
Le SMM a souligné que l’application stricte de la loi, est indispensable pour garantir un véritable changement structurel, au sein de la justice malgache. Or, ce qui se passe actuellement ne reflète pas cette volonté d’assainir le système. Libérer des détenus en l’absence d’une décision juridique ou d’ordonnance de juge, est un acte grave. Mais selon certains agents pénitentiaires, ils ne font qu’exécuter les ordres reçus. Face à cette situation préoccupante, le syndicat appelle la Haute autorité à restaurer pleinement le respect de la loi dans l’administration pénitentiaire à travers tout le pays.
Le Colonel Mickaël R prendra des mesures
Questionné sur ce sujet, le Colonel Mickaël R, président de la République par intérim, a fait savoir que le Conseil présidentiel de la Refondation de la République n’a pas émis des ordres de libération des détenus. «J’ai eu vent de ces faits et on va prendre des mesures qui s’imposent», selon lui.
Depuis la grâce présidentielle accordée à huit prisonniers par le président Andry Rajoelina en fin de semaine, les appels pour la libération d’autres détenus se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Certains absents de la liste des graciés ont néanmoins été relâchés. Et cela a conduit le SMM à mettre en garde contre des procédures illégales, profitant de la crise politique actuelle
F.M




