Lors d’une interview, le Pôle anti-corruption (PAC), par la voix de la procureure générale Elysée Rasoahanta, a fermement démenti la diffusion d’un mandat d’arrêt international prétendument émis contre l’opérateur économique Maminiaina Ravatomanga. « Il est impossible qu’un tel acte juridictionnel émane de notre bureau. J’ai démenti son authenticité car nos collaborateurs sont assermentés et expérimentés, et les actes juridictionnels sont confidentiels, ce qui garantit leur authenticité », a-t-elle déclaré, tout en précisant qu’aucune affaire concernant cet homme d’affaires n’est actuellement traitée par le Pac, à l’exception d’une déclaration d’un inculpé liée au dossier Boeing 777, lequel est suivi par le doyen des juges d’instruction dans une enquête toujours en cours.
Elysée Rasoahanta a souligné qu’en tant que procureure générale, elle entretient une relation purement administrative avec ce magistrat. Elle a rappelé les modalités de saisine du Pac, incluant notamment les doléances (anonymes ou pas) et les plaintes avec constitution de partie civile.
Sur l’île sœur, interrogé par le média l’Expresse.mu, l’Attorney general, Gavin Glover avait affirmé que le mandat d’arrêt international qui circulait pendant plusieurs jours « n’en était pas un » et n’avait « pas force de loi à Maurice ».
Par ailleurs, Elysée Rasoahanta a réfuté l’idée selon laquelle, tous les magistrats du Pac sont corrompus. Elle de rappeler que toute personne peut saisir la justice, que le Pac n’a ni obédience ni objectif politique sinon, les magistrats seraient divisés, ce qui n’est pas le cas. Elle a souligné l’importance du rassemblement pour garantir le développement de la justice dans ce contexte, si un vrai changement et une refondation sont souhaités.
Sur sa lancée, la procureure du Pac a souligné que « célérité et efficacité ne vont pas toujours de pair, mais plusieurs mesures d’investigation efficaces peuvent être déployées (…) Il est faux d’affirmer que le procureur de la République et les magistrats ont classé tous les dossiers concernant Ravatomanga », a-t-elle ajouté. La diffusion de telles fausses informations et la propagation du faux mandat est « intolérable et inacceptable », a-t-elle insisté, tout en exhortant la population à laisser la justice suivre son cours, en évitant le populisme, l’intimidation et l’incitation à la haine. La procureure a également mentionné le respect par le Pac de l’éthique, de la déontologie, du principe d’obligation de réserve et du statut des magistrats. Elle s’est dite prête à collaborer et à assumer ses responsabilités pour lutter contre les fléaux communs. Enfin, elle a évoqué les revendications actuelles des magistrats, notamment la révision du statut des magistrats et la réforme de la loi sur la subordination hiérarchique.
Rakoto




