Libérations irrégulières de détenus: TI-MG réclame le rétablissement de l’Etat de droit

Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG) tire la sonnette d’alarme à propos des libérations controversées de détenus condamnés pour des délits de droit commun, notamment dans la capitale.

L’organisation de la so­ciété civile met notamment le doigt sur la libération de Roméo Chris­tophe Ramanatanana, dé­puté élu à Soavinandriana, condamné à 10 ans de prison ferme pour trafic de tortues et blanchiment d’argent, et au versement d’une amende de 60 millions d’ariary ainsi qu’une indemnisation de 2 milliards d’ariary à l’Etat. «Ce dernier n’est en aucun cas un prisonnier politique, mais un condamné pour crimes environnementaux et financiers», rappelle TI-MG.
Pire encore, d’après l’OSC, plusieurs détenus, sans grâce ni arrêt ou jugement de relaxe ou d’acquittement, ont recouvré la liberté de manière non conforme aux procédures légales ces derniers jours, alors que le président Andry Rajoelina n’a gracié que huit détenus politiques avant son exfiltration par l’armée française le 12 octobre. TI-MG rappelle que ces libérations doivent impérativement respecter la loi et les procédures en vigueur, au risque de fragiliser l’Etat de droit et de jeter un doute sur la sincérité du processus de refondation. La libération de personnes con­damnées, comme dans le cas cité, illustre les dangers de ces pratiques.
L’organisation appelle la présidence de la Refonda­tion de la République de Madagascar (PRRM), le premier ministre et l’Assemblée nationale, à faire du rétablissement de l’Etat de droit leur priorité. Il s’agit de garantir une justice indépendante, effective, et d’assurer que cette refondation marque un tournant éthique, et non un retour à l’impunité.

F.M

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