Alors que le nouveau gouvernement entame sa mission de refondation de la République, une voix collective s’élève avec force et dignité : celle des personnes en situation de handicap (PSH). A travers une lettre ouverte adressée au président, au Premier ministre et à l’ensemble des 29 ministres, l’association «Sehatra ampiatiana sy ivoaran’ny olona manana fahasembanana» (SAIOMF) interpelle les autorités sur l’urgence d’une inclusion réelle et durable.
Dans ce document empreint de respect, mais aussi de lucidité, le collectif souligne une réalité souvent passée sous silence : le handicap n’est pas qu’une affaire sociale. «L’inclusion ne doit pas rester confinée dans un seul ministère», peut-on lire dans la lettre. «Elle doit être intégrée dans toutes les politiques publiques, les programmes et les structures de l’Etat.»
Autrement dit, il ne s’agit plus de marginaliser la question du handicap dans un département administratif, mais de faire de l’inclusion un pilier transversal du développement national, de la santé à l’éducation, en passant par le travail, la jeunesse, la culture ou encore l’agriculture.
Propositions concrètes
La SAIOMF ne se contente pas de dénoncer, elle propose. Le mouvement suggère dans ce sens la création de directions spécifiques dédiées au handicap dans les ministères clés, ainsi que de services spécialisés dans les autres départements. L’objectif consiste à garantir la prise en compte systématique des besoins, droits et contributions des personnes handicapées dans chaque politique publique.
Cette vision repose sur une idée forte : anticiper, plutôt que réparer. «Mettre en place des structures dès aujourd’hui, c’est protéger non seulement les PSH et leurs familles, mais aussi chaque citoyen, car personne n’est à l’abri d’un accident ou d’une maladie pouvant changer une vie en un instant», souligne le collectif.
Fahranarison




