Mondial vétérans 2025: début frustrant des judokas malgaches

Au Dojo de Paris, Porte de Châtillon, l’air vibre d’une énergie particulière en ce premier jour des Cham­pionnats du monde vétérans de judo. Sous les yeux d’un public conquis et d’une délégation française hôte, les tatamis ont accueilli les premiers combats avec une intensité qui rappelle que l’âge n’efface pas la flamme du kimono. Parmi les 2499 judokas venus de 66 nations, onze représentants de Ma­dagascar ont foulé le sol français, porteurs d’un héritage insulaire où le judo se mêle aux traditions de résilience. Et dès ce lundi, deux d’entre eux, Sandaniaina Andrianjakavelo et Christian Georges Vital, ont offert une entrée en lice remarquée, grappillant chacun une septième place au bout d’un parcours semé d’embûches et de fulgurances.

Dans la catégorie M3 moins de 60 kg, Sandaniaina Andrianjakavelo, ce gaillard malgache au regard affûté comme une projection bien timée, a d’abord posé les bases d’une journée prometteuse. Face à l’Italien Vincen­zo Barretta en seizième de finale, le combat s’est étiré jusqu’à la marque des trois minutes, dans un ballet de gardes et de feintes où la patience est reine. Andrian­ja­kavelo, maître du tempo, a cueilli un yuko décisif tout en forçant son adversaire à encaisser un shido pour passivité. La victoire était là, mo­deste, mais solide, comme un pas de danse qui prépare le grand saut.

Mais le judo, ce noble art où le sort bascule en un clin d’œil, n’offre pas de quartier. En quart de finale, l’ombre géorgienne de Giorgi Naski­dashvili s’est abattue en quarante-neuf secondes seulement. Un ippon foudroyant, une technique impeccable qui a renvoyé Andrianjaka­velo vers les repêchages, ces chemins de traverse où se forgent les caractères. Là, il a retrouvé du mordant : contre le Français Rythy Saing, dans un duel franco-malgache teinté d’émotion, il a de nouveau arraché un yuko au bout du temps réglementaire, prouvant que le sang-froid malgache voyage bien jusqu’aux rives de la Seine. Hélas, le repêchage pour la neuvième place a tourné court face au Brésilien Thiago Remedios, qui a enchaîné deux waza-ari en une minute vingt-quatre pour sceller le sort du combat. Septième place au final, un pied du podium qui laisse un goût d’inachevé, mais aussi la fierté d’avoir tenu tête aux mastodontes d’un plateau mondial.

À peine le temps de reprendre haleine que le tatami accueillait Christian Georges Vital, en M1 moins de 66 kg, un autre pilier de la délégation malgache dont la silhouette évoque les vents chauds de l’océan Indien. Vital, avec son style direct et son appétit pour les immobilisations, a entamé sa route par une seizième de finale contre le Français Gauthier Del Grande. L’ippon est tombé comme un couperet, une projection magistrale qui a fait taire les clameurs locales et rappelé que les invités d’honneur peuvent aussi mordre. En huitièmes, il a récidivé face au Polonais Andrzej Klimas, encore un ippon, cette fois ciselé avec la précision d’un artisan, envoyant un message clair : le judo malgache n’est pas là pour faire de la figuration.

Les quarts de finale ont cependant mis Vital à l’épreuve contre le Turc Bekir Sahin, un routier aguerri du circuit. Trois minutes de bras de fer, un yuko pour Vital en poche, mais un waza-ari adverse qui a inversé la vapeur. Le repêchage a alors offert une seconde chance : d’abord une victoire par ippon contre le Brésilien Renan Rossi, un combat où Vital a imposé sa loi avec l’autorité d’un vétéran qui sait que chaque saisie compte. Puis, en deuxième repêchage, la muraille russe de Dmitrii Ivanov a tenu bon, l’emportant par ippon après deux minutes douze d’un duel acharné. Septième place, une fois de plus, comme un écho à la combativité de son compatriote.

Naisa

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