Fixer une date unique qui convient à tout le monde, pour célébrer le nouvel An malgache, est loin d’être gagné. Ce sujet sensible a été évoqué hier au musée de l’audiovisuel Havoria, lors d’une concertation culturelle réunissant artistes et acteurs issus de divers horizons, sous l’égide du ministre de la Communication et de la culture du gouvernement de la Refondation, Gascar Fenosoa.
Juste après sa nomination, le ministre Gascar Fenosoa a affiché son ambition de fixer une date unique pour le nouvel An malgache qui serait décrété chôme et payé. Mais comme il fallait s’y attendre, les experts du fomban-drazana (us et coutumes) se heurtent à des divergences de points de vue. Un vif débat s’est engagé entre les associations présentes déterminées à camper sur leur position respective. A chacun sa date qui rend l’émergence d’un consensus difficile.
Pour l’heure, les ZanandRanavalona, les Ampanjaka, les gardiens de la tradition n’arrivent pas à se mettre d’accord. «Malheureusement, la laïcité de l’Etat n’est pas toujours respectée. Mais malgré nos différences culturelles, nous formons un seul peuple. Nous devons respecter chaque tradition, tout en offrant aux 23 millions de Malgaches une célébration commune du nouvel An», rappelle le ministre.
Malgré les échanges parfois vifs, cette concertation aura au moins permis de mettre en lumière les nombreux défis qui attendent le MCC dans sa mission de refondation culturelle.
«La culture n’a pas sa place à Madagascar depuis des années. Et j’aimerais changer cette image. Et pour commencer, mieux découvrir le domaine ainsi que les attentes des artistes, afin d’améliorer chaque secteur», a déclaré Gascar Fenosoa.
Pour cette initiative, le ministre a réparti les participants en 11 communautés : musique et organisateurs événementiels, cinéma, théâtre, patrimoine, mpihira gasy et vakodrazana, littérature, danse, langue malgache, spécialistes des fomban-drazana (us et coutumes), kabary (art oratoire), ainsi qu’art plastique et visuel.
Le MCC comme outil et facilitateur
«Je ne suis qu’un outil. Mon rôle est de proposer des salles, de signer des accords qui peuvent contribuer au développement d’une discipline, ou encore d’élaborer des lois… Je souhaite surtout recueillir des propositions à court, moyen et long terme et de voir ce que je peux faire pour résoudre les problèmes durant cette transition où mon mandat est prévu durer deux ans», a-t-il annoncé.
Et de préciser que «Je suis soumis à une évaluation pendant ces deux mois». Malgré cette situation, il espère que les idées issues de cette concertation seront prises en compte par ses successeurs.
«Pour une fois, j’aimerais que les artistes se sentent écoutés, et que les postes clés du ministère soient occupés par des personnes compétentes et issues du milieu culturel», insiste-t-il.
L’objectif de cette rencontre était de mieux cerner les attentes des artistes et des acteurs culturels, afin de poser les bases d’un « socle » commun pour chaque discipline. Toutefois, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer la séparation du ministère de la Culture et de celui de la Communication, jugée nécessaire pour une meilleure autonomie du secteur.
Holy Danielle




