Politique générale de la Refondation: la 5e République en gestation !

Les jalons de la Refondation sont jetés. Le Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, a dévoilé le chronogramme allant dans ce sens hier à l’Assemblée nationale, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique générale de l’Etat, axée sur lutte contre la corruption et instauration de la transparence et surtout la mise en œuvre de la nouvelle Constitution.

La Refondation par le peuple et pour le peuple, nécessite avant toutes choses la tenue d’une concertation nationale d’une durée de six mois, pour recueillir les avis des ci­toyens et des parties prenantes en la matière.
« A travers ce processus, les propositions de toutes les parties prenantes, seront prises en compte, en vue de la révision des lois et règlements électoraux », a souligné le premier ministre. Mais il serait également fort probable que les propositions avancées prennent en considération la refonte de la Constitution menant vers la 5e Républi­que. Ce sera le premier point de départ avant de se pencher sur la réforme en profondeur du système et d’organe électoral à l’image de
la Commission électorale na­tionale indépendante (Ceni), dans un délai de 6 à 12 mois.
Et une fois, les grandes lignes relatives à la révision ou la refonte de la Cons­ti­tution, seront définies, place au référendum qui aurait lieu entre le 12e et le 15e mois. Si tout va pour le mieux,
l’élection du nouveau président de la République sera organisée entre le 15e et 18e mois de la période transi­toire qui marquera la fin du mandat du gouvernement. Puis, tous les responsables procéderont ensuite à la passation de pouvoir entre le 18e et le 24e mois.
Le Premier ministre a toute­fois précisé que « ce chronogramme est susceptible d’être modifié et ajusté si nécessaire, après consultation et selon des modalités convenues d’un commun ac­cord ».

Des piliers fondamentaux
Outre la Refondation cons­titutionnelle et électorale, cette politique générale re­pose sur trois piliers, selon Herintsalama Rajaonarivelo qui vise à restaurer la con­fiance dans les institutions, l’Etat et le système judiciaire.
« Aucune réforme ne saurait aboutir si le peuple n’a pas confiance en ses dirigeants », a-t-il souligné. Il a également souligné l’importance d’une reconstruction profonde et durable du système politique, dans le respect des règles établies. Enfin, la reconstruction des structures qui garantissent la séparation des pouvoirs.
Pour concrétiser cette vi­sion, le gouvernement mettra en œuvre six mesures d’urgence, notamment la protection de la population, la reconstruction de l’appareil d’Etat, la restructuration de l’économie, la promotion de la participation citoyenne, le rétablissement de la con­fiance des parties prenantes et la tenue de consultations sur l’organisation des élections afin de garantir une transition démocratique.
Dans ce cadre, « l’Etat ne tolérerait aucune corruption et renforcerait la bonne gouvernance et la transparence dans les finances, les politiques gouvernementales et la communication publi­que ».
Dans la foulée, les mem­bres du gouvernement res­pecteront trois valeurs durant leur mandat, à savoir la promotion du respect mutuel entre eux et entre les ci­toyens, la paix pour renforcer l’unité nationale et la solidarité de tous sans ex­ception. « Ce sont là les fondements éthiques et culturels de la mise en œuvre du PGE par le biais de réformes fondamentales », a déclaré le chef du gouvernement.

 RM

Les députés veillent au grain

Les parlementaires ont exprimé leurs points de vue, par rapport à la Politique générale de l’Etat. La question est de savoir si le gouvernement est prêt à promouvoir la bonne gouvernance, a déclaré le député Antoine Rajerison. La PGE serait ainsi alignée sur la loi de finances 2026, a indiqué le député du troisième arrondissement Naval Francky Rakotoaritiana.
L’initiative du Gouvernement de prôner la transparence, est louable, a souligné l’élu d’Arivonimamo. “Toutefois, un suivi est nécessaire et il est important de vérifier si les projets du gouvernement sont conformes au budget de l’Etat” a-t-il souligné.
Le président du parti politique Fivoi a déclaré que les députés suivront de près la mise en œuvre de ces politiques gouvernementales. “Il est en revanche nécessaire de renforcer la transparence au sein de chaque ministère, car c’est là le fondement de la réforme” a-t-il martelé.
Ces projets gouvernementaux doivent être structurés conformément à la loi de finances rectificative, a indiqué le parlementaire du troisième arrondissement. « Il y a encore beaucoup à dire sur le LFI primitive, mais en tant que députés, nous nous efforcerons d’y apporter des amendements », a-t-il déclaré. « Lors des discussions entre députés, nous sommes prêts à proposer de nombreux amendements pour aligner le PGE sur le budget de l’État. » a-t-il conclu.

RM

 

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