Rado Rakotomandimby et Maurice Marinjara, les deux gladiateurs malgaches tout juste rentrés d’Indonésie, ont été accueillis en héros hier soir gymnase couvert d’Ankorondrano, après leurs exploits aux Championnats du monde 2025 de la World Bodybuilding and Physique Sports Federation (WBPF).
Et, la fédération malagasy d’haltérophilie, de musculation et de culturisme (FMHMC) n’a pas lésiné sur les honneurs. Devant un parterre de passionnés,
de familles et de jeunes loups qui rêvent déjà de monter sur le podium, le président Harinelina Randriamanarivo a remis personnellement les récompenses promises avant le départ : deux millions d’ariary pour Rado Rakotomandimby, sacré champion du monde dans la catégorie 85 kg, et un million d’ariary pour Maurice Marinjara, vice-champion du monde en Classic Physique.
D’après Harinelina Randriamanarivo, «cette année, nous célébrons les 25 ans du culturisme à Madagascar et les 16 ans de notre affiliation à la WBPF. On a traversé des tempêtes, on a ramé dans le vide parfois, on a serré les dents quand le budget faisait défaut, mais on n’a jamais lâché la barre», a-t-il déclaré.
Et d’ajouter que « ce sport, ce n’est pas seulement des muscles saillants et des veines qui explosent. Il forge l’âme, il trempe le mental dans l’acier. Rado et Maurice sont des exemples vivants de discipline malagasy, de détermination à toute épreuve. Ils montrent à notre jeunesse que quand on se lève à 4 heures du matin pour cardio et pose obligatoire, rien n’est impossible. »
Gravir les échelons
Rado Rakotomandimby, encore marqué par l’intensité de la compétition, n’a pas caché sa joie. «Cette saison 2025 a été dingue ! J’ai d’abord raflé le titre de champion du Big Tana, ensuite celui de champion de Madagascar… et là, bam, champion du monde ! On s’est préparé pendant une année entière, à suer sang et eau dans la salle, à Mahamasina. Au début, franchement, on a eu peur que ça tombe à l’eau à cause des finances. Mais nos sponsors ont mis la main à la poche, ils ont cru en nous quand beaucoup auraient baissé les bras. Pour la première fois de ma vie, j’ai pris l’avion, j’ai quitté Mada, et j’ai marché sur une scène internationale avec le drapeau sur le cœur. On a tout donné, on a poussé jusqu’à l’épuisement, on a serré les abdos jusqu’à ce que ça brûle… et le rêve est devenu réalité. Comme on dit chez nous : c’est dans la forge de l’adversité qu’on devient du vrai acier trempé. »
A ses côtés, Maurice Marinjara, plus discret mais la silhouette toujours aussi ciselée, arborait une médaille d’argent. Son regard disait tout : la deuxième place mondiale en Classic Physique, c’est déjà énorme, mais l’appétit vient en mangeant, et l’an prochain il reviendra pour l’or.
Naisa




